DEMANDEURS D'ASILE. Garnik et Marihannouch Margarian vivent à La Rochelle où leur fils est né. Ils ont fui la Russie en 2008 et demandé un asile que la France leur refuse
Les maudits d'Arménie
Gor a de grands yeux noirs et des cheveux bouclés. Sucette au bec, il explore inlassablement la pièce - salon-cuisine-chambre à coucher - où on a installé son petit lit. Gor est né à La Rochelle il y a seize mois. Pourra-t-il y grandir encore, entre son père et sa mère, et vivre une enfance normale ? Tout dépend de la décision qui sera prise par les autorités préfectorales. Car les parents de Gor Margarian sont, selon la formule conventionnelle, des étrangers sans papiers.
Violences xénophobes
Garnik Margarian, 30 ans, et son épouse Marihannouch, 25 ans, sont arrivés en France en mai 2008. Ils fuyaient la Russie, et la banlieue de Moscou où, un mois plus tôt, le père de Garnik avait été tué, massacré par les skinheads qui, là-bas, se livrent à la chasse aux Caucasiens.
Garnik et Marihannouch sont Arméniens. Enfin, presque. La jeune femme est née en Arménie de parents arméniens, mais Garnik, bien que de nationalité arménienne, est né en Azerbaidjan et est azéri par sa mère. Ils forment donc un couple mixte et, pour cette raison, sont trois fois maudits. Une fois par l'Azerbaidjan et une fois par l'Arménie, qui, ni l'un ni l'autre ne reconnaissent Garnik comme un de leurs ressortissants, et dont les peuples se sont affrontés durant la guerre du Haut-Karabagh. En outre, les couples azéri-arménien sont très mal vus dans les deux pays. C'est d'ailleurs en raison de la violence xénophobe que Garnik, âgé de 11 ans, et son père, seuls survivants de leur famille massacrée lors des pogroms de février 88 en Azerbaidjan, avaient été déplacés en Russie. Or la Russie les maudit à son tour. Avant d'être assassiné par les skinheads, le père de Garnik, petit commerçant, avait sollicité la citoyenneté russe, qui ne lui a jamais été accordée.
Ce jour d'avril 2008 où son père a été tué, son épouse a, elle, été agressée et battue. La Russie étant devenue trop dangereuse pour le couple, Garnik et Marihannouch ont voulu tenter, ailleurs, une autre vie. Moyennant 20 000 dollars - la monnaie parallèle en Russie, où le salaire moyen est de 300 euros -, réunis en vendant leur voiture et en misant la quasi-totalité de leurs avoirs, ils ont confié leur destin à des passeurs professionnels. Embarqués dans une camionnette, ils ont été « lâchés » à Tours, en mai 2008. Depuis, la vie des Margarian est une longue errance.
Grâce au Cada (Centre d'accueil des demandeurs d'asile), en novembre 2008, six mois après avoir été secourus par Emmaüs dans une communauté de la Vienne, ils ont été hébergés à Villeneuve-les-Salines. Fin juillet 2009, le délai de prise en charge par le Cada ayant expiré, ils ont échoué dans une chambre d'hôtel à Beaulieu, puis sous une tente dans un camping d'Angoulins.
Longue errance
Depuis octobre dernier, leur hébergement est assuré par le SAO (Service d'accueil et d'orientation de l'association Altea) qui les loge dans une résidence de tourisme. Or le SAO, qui fonctionne avec les subventions de l'État, ne disposant plus des subsides nécessaires, a signifié aux Margarian qu'ils devaient quitter leur logement au plus tard le 9 avril. Mais pour aller où ? « On ne sait pas ce qui va se passer, mais s'ils se retrouvent à la rue, expliquent les membres de la Cimade, ils peuvent être arrêtés et expulsés à tout moment » (lire encadré ci-dessous).
Garik Margarian, dont l'épouse est enceinte de trois mois, ne rêve pas d'être un assisté permanent.
À La Rochelle, il travaille sur un chantier du bâtiment grâce à un contrat d'activité de l'association l'Escale, pour 280 euros par mois. Il ne souhaite qu'une chose : pouvoir assurer la sécurité et l'indépendance de sa famille.
lire la lettre ouverte adressée au préfet de Charente-Maritime
lettre ouverte
Pour dire non à cet irrespect de la vie humaine :
rassemblement devant la préfecture
mardi 6 avril à 18h.
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Les titres de ses oeuvres, outre ses travaux scientifiques, sont
éloquents : "Le journal de la société de 1789", "La bibliothèque de l'Homme public", "Le journal d'instruction social", "Réflexion sur l'esclavage des nègres", "De l'influence de la révolution
d'Amérique sur l'Europe", "Déclaration des droits", "Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain", ...



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