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Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen
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La pertinente analyse de Maître Claudy VALIN nous fait découvrir aujourd'hui la vie de la Ligue en Charente-Maritime de sa constitution jusqu'а notre époque, à travers ses engagements et ses combats retracés par un ensemble de documents inédits.
Prisons trop grandes, fouilles humiliantes, critère contestable de « dangerosité », manque de travail, droits sociaux a minima… Dans son rapport annuel publié hier, le contrôleur des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, dresse un nouvel état des lieux très critique des prisons françaises.
Il pointe notamment le fait que la prison vit une révolution inquiétante qui, basée sur la dangerosité supposée des détenus, l'amène à les traiter non plus en fonction de ce qu'ils ont fait, mais de ce qu'ils pourraient faire. « Est-on capable de savoir qu'un individu va commettre un crime demain ? Je ne crois pas », a-t-il estimé. C'est pourtant avec ce genre de postulat que les prisons sont en train de « changer de nature » et que l'« on joue aux dés l'avenir des gens », déplore-t-il. « Jusqu'en 1945, la prison n'avait d'autre objet que de punir, avec une peine proportionnée à la gravité de l'infraction commise. » Après-guerre, « un nouveau but a été assigné à la prison : la réinsertion. Et depuis quelques années, je crois qu'on ouvre la 3e étape : la dangerosité, qui revient à identifier chez une personne la menace qu'elle fait courir à la société. » Le concept a pris un « caractère officiel » en 2005, avec la loi sur la prévention de la récidive.
Déterminisme
« La prison ne s'organise donc plus en fonction du crime, mais de l'étendue de ses causes. » Et les évolutions en cours du système pénitentiaire s'expliquent : « On multiplie les instruments d'évaluation » de la dangerosité (tels que le « diagnostic à visée criminologique ») et « on demande aux psychiatres de faire des pronostics ».
« On instaure des régimes différenciés de détention, en fonction de la dangerosité supposée des détenus. « Mais quelle dangerosité ? Celle du dedans ou celle du dehors ? » s'interroge le contrôleur, sachant par exemple que « les auteurs de crimes sexuels graves sont pour la plupart des détenus modèles ». Et si la réinsertion devient moins importante, on peut construire des prisons de 600 places et non plus d'une centaine, et les installer loin des centres urbains.
Non seulement le résultat de cette nouvelle orientation de la prison est « loin d'être garanti », mais on risque en plus de « lui enlever ce qu'elle avait de bien » dans sa mission de réinsertion. « Je préfère qu'on en reste à mon bon vieux postulat : si on traite bien quelqu'un en détention, il a plus de chances de s'amender que si on le traite mal. Quand on traite les gens comme des bêtes fauves, ils se comportent en bêtes fauves. C'est un déterminisme un peu plat, mais qui vaut beaucoup mieux à mon avis que des échelles de mesure de la dangerosité. »
http://www.sudouest.fr/2012/02/23/prisons-un-etat-des-lieux-inquietant-640649-7.php
http://www.europe1.fr/France/Prisons-un-nouveau-rapport-inquietant-959379/

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