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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 11:15

~~ Bruxelles, le 15 octobre 2014

Les Etats membres de l’Union européenne ont décidé de mettre sous pression les demandeurs d’asiles et plus généralement les migrants. L’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) regrette cette double opération de police et de propagande.

Une opération de police. Pendant 13 jours, les forces de police avec l’aide de l’agence Frontex et d’Europol et sous la responsabilité politique du Conseil européen vont procéder à des contrôles de papiers dans l’espace Schengen et aux frontières extérieures de l’Union.

Une opération de propagande. Il est prévu que cette opération de grande envergure intercepte et collecte des données personnelles sur les détenteurs de faux documents, les demandeurs d'asile déboutés mais aussi sur les passeurs. L’AEDH juge profondément choquant de mettre sur le même plan les uns et les autres, tous considérés comme des criminels. Est-ce cela que signifie « mettre fin au drame de la migration » ?

Une semaine après le festival « Sabir » qui a commémoré le drame de Lampedusa d’octobre 2013, un mois après le dernier de ces naufrages meurtriers, au bout du sinistre compte qui fait dire que 3000 migrants sont morts en mer en ces mois de 2014, l’Union européenne reprend la chasse. Et ainsi au lieu de présenter les migrants comme des victimes, la communication utilisée les transforme en autant de dangers. Si ce n’était pas tragique, ce serait une mascarade : appliquer le même but, c’est-à-dire le même traitement aux victimes – les trépassés – qu’aux criminels – les passeurs – témoigne d’une volonté politique qui désigne l’immigration comme un problème dont la solution n’est que répressive.

Quelques jours après la session à Luxembourg du Conseil européen dans sa formation Justice et Affaires intérieures (JAI), l’opération ainsi lancée doit-elle être considérée comme la concrétisation de la politique d’immigration choisie par les gouvernements avec la nouvelle Commission européenne en exécutrice des basses œuvres ?

Quoiqu’il en soit, l’information sur la réalité de cette opération est restée extrêmement limitée, à tel point que le Parlement européen n’en a pas été averti et qu’aucune information n’a été présentée sur les suites des interpellations. S’agissait-il d’une opération qui devait rester secrète pour être efficace ? Ce serait la démonstration évidente d’une méconnaissance stupéfiante de la réalité. S’agissait-il d’une opération de propagande qui devait devenir publique pour remplir son office ? Ce serait la démonstration de l’inutilité de ces contrôles.

On ne peut que s’étonner du manque de lucidité révélée par les quelques éléments dont on dispose pour en juger. Comment font les passeurs quand ils sont convaincus de l’imminence d’un contrôle ? Soit ils abandonnent les personnes à leur errance, soit ils diffèrent leur « livraison » de quelques jours. Au bout du compte, seuls les passeurs ne sont pas inquiétés et c’est le séjour irrégulier des migrants et des demandeurs d'asile qui est considéré comme un délit criminel, au rebours de la jurisprudence de la Cour de Justice de l’UE.

Dans ce contexte l’AEDH maintient que la migration n'est pas un crime et que les demandeurs d’asile et les migrants à la recherche de meilleurs conditions de vie ne sont pas des délinquants.

Elles et ils ont des droits!

Les migrants ne constituent pas une menace et les réfugiés ne sont pas des envahisseurs. L’AEDH agit pour que leurs droits leurs soient reconnus et pour que l’UE organise la politique commune d’accueil digne des principes d’universalité de l’humanité qu’elle prétend défendre.

Contact : AEDH, Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme 33, rue de la Caserne. B-1000 Bruxelles Tél : +32(0)25112100 Fax : +32(0)25113200 Email : info@aedh.eu

L'Association Européenne pour la Défense des Droits de l'Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l'Homme des pays de l'Union Européenne. Pour en savoir plus, consultez le site www.aedh.eu.

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 07:54

En cette Journée européenne de dévoilement citoyen du Traité en discussion secrète entre l'Union Européenne et les Etats-Unis, il est utile que chacune et chacun prenne l'exacte mesure des enjeux démocratiques, mais aussi sociaux, économiques et écologique, de ce traité dit Tafta ou TIPP en anglais. Des fuites permettent aujourd'hui d'avoir le texte secret du mandat donné par les 28 Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union le 13 juin 2013.

Par ailleurs, un traité équivalent vient d'être négocié et signé de manière tout aussi secrète à Ottawa récemment entre l'Union Européenne et le Canada (le texte est accessible en français sur le site "Affaires étrangères, Commerce et développement Canada" (Ministère des Affaires étrangères du Canada.

Vous trouverez ci-joint un diaporama élaboré personnellement par Henri Moulinier.

Elements d'information sur le projet de traité secret négocié actuellement entre l'Union européenne et les Etats-Unis, après celui signé entre leUE et le Canada

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 16:50

~~Jeudi 10 octobre, le Sénat examine le projet de loi antiterroriste.

Il s'agira d'une lecture unique, puisque le gouvernement, confondant précipitation et efficacité, a décidé de la procédure d'urgence. L'Observatoire des libertés et du numérique (OLN) considère que cette décision prive la représentation nationale d'un débat normal sur les libertés publiques, dans lequel les arguments contraires auraient mérité d’être entendus. Si la lutte contre le terrorisme est légitime, elle ne peut justifier de légiférer en urgence sous le coup de la peur et de l’émotion, et d’adopter des lois toujours plus liberticides. Les événements récents posent sans aucune contestation possible la nécessité de procéder à la poursuite, à l'arrestation et au jugement de criminels.

Mais sans le respect des principes, la lutte contre le terrorisme se réduit, aux dépens de la justice et des libertés publiques, à une vengeance sans fin. Amender encore une fois l’arsenal déjà lourd de la lutte antiterroriste dans ces circonstances, c’est prendre le risque de dissoudre la délibération démocratique dans une posture évènementielle. A chaque fois qu'en matière législative, on fait vite, on ne fait pas bien.

Et c'est exactement le cas avec la future « loi antiterroriste », déjà votée par l’Assemblée nationale et qui va suivre la procédure d’urgence : une seule lecture à l’Assemblée nationale et au Sénat. Une fois de plus, au lieu de procéder à une évaluation des lois existantes avant d’en promulguer une nouvelle qui pourrait tenir compte de l’expérience, ce qui tient lieu d’analyse, c’est le recours législatif immédiat et l'illusion est ainsi donnée que l'on a pris en haut lieu la mesure du danger. Aujourd’hui le combat contre le « djihad », comme hier celui contre le terrorisme, fait que, de coups de menton virils en déclarations martiales, la cause est entendue : la patrie est en danger et les atermoiements ne sont plus de mise, même quand il s'agit des libertés publiques. Que les prises de position honteuses de certains à droite, comme celle du député UMP Alain Marsaud, qui invitait à « s’asseoir sur les libertés », ne viennent pas éclipser le fait qu’aujourd’hui encore la balance entre sécurité et libertés va dans le même sens, déséquilibrée qu’elle est vers toujours plus de diminution des droits. Développement sans fin d’un arsenal répressif déjà très lourd, création d’une nouvelle infraction de l’intention, création de pouvoirs exorbitants de l’administration sur les citoyens, leurs déplacements, leur expression, notamment sur le Net, détricotage du droit de la presse, accroissement des pouvoirs de police et de la justice dans des domaines allant bien au-delà du terrorisme : autant de dévoiements de notre droit, que la lutte contre le terrorisme ne saurait légitimer. L’argument est d’autant plus efficace que la situation internationale est extrêmement dangereuse.

A l’engagement militaire sur un théâtre extérieur correspond une relativisation des libertés fondamentales pour tenter de dominer l’incertitude de la période, ce qui suffirait à dévaloriser, voire annihiler la critique. C’est ainsi que dans la loi antiterroriste, ses motifs n’ont que la peur comme conseillère. La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) tout comme la Commission numérique de l'Assemblée nationale et le Conseil national du numérique se sont d'ailleurs montrés, dans leurs avis, extrêmement critiques sur son contenu. Mais il en adviendra de ce texte comme d'autres : le gouvernement ni ne consulte ni ne sollicite un avis, dont il avait bien pressenti qu’il mettrait à jour l’illégitimité et l’inefficacité de telles atteintes aux droits et libertés. Au rebours de cette courte vue, l’Observatoire des libertés et du numérique (OLN) considère que l’expérience de ces lois appliquées dans le monde (en particulier aux Etats-Unis, qui s’en sont faits le parangon avec le Patriot Act), montre que celui-ci n’est pas devenu plus sûr avec ces méthodes. A moins d’être aveugle, il faut bien constater que le terrorisme ne faiblit pas quand tombent les libertés publiques. Dans les pays mêmes qui pratiquent à un degré ou à un autre la suspension des libertés dans ce cadre, les effets sont médiocres voire contre-productifs.

C’est à l'audition d'une multiplicité de points de vue, constitutionnel, juridique, politique, social, qu'il eût fallu procéder. Mais le débat n’a pas eu lieu puisque les initiateurs de la loi, telle qu'elle est, disent qu’il n’y a pas d’autre politique possible. Les questions ne seront donc pas posées. C’est ce à quoi les organisations qui composent l’OLN ne peuvent pas se résoudre. L'OLN appelle les sénateurs à tenir le débat, et, s’ils ne refusent pas d’adopter la loi, à tout le moins à proposer des amendements propres à apporter des garanties. Il appelle enfin les parlementaires à utiliser en tout état de cause leur possibilité de soumettre la loi au Conseil constitutionnel.

Organisations membres de l’OLN : Cecil, Creis-Terminal, LDH, Quadrature du Net, Saf, SM.

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 16:52

~~Le Collectif Stop-TAFTA de La Rochelle et son agglomération organise une soirée conférence-débat :

MERCREDI 8 OCTOBRE à 20h 15 amphi G de l'IUT aux Minimes,

La Rochelle 15 rue F. de Vaux de Folletier (amphi situé à droite de l'entrée de l'IUT)

Objet: Sur le T.A.F.T.A., Trans Atlantic Free Trade Agreement un projet d'accord, négocié en secret entre l’Union Européenne et les Etats-Unis, pour constituer un grand marché transatlantique.

Présenté par Guillaume PASTUREAU Docteur en économie, membre du conseil scientifique d'Attac France.

Le TAFTA :

> Quel contenu ?

> Quels enjeux ?

> Quelle démocratie ?

Citoyens et élus sont invités.

D’ores et déjà, plusieurs organisations appellent à participer à cette rencontre : Attac, Confédération paysanne, Confédération Générale du Travail, Europe Ecologie Les Verts, Fédération Syndicale Unitaire, Mouvement de la paix, Nouvelle Donne, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Partie de Gauche, Mouvement des Jeunes Communistes, Mouvement des Jeunes Socialistes.

Par ailleurs de nombreux-ses élu-e-s ont confirmé leur présence : plusieurs membres du Conseil municipal d’Aytré qui a voté un vœu « pour l’arrêt des négociations du projet de Grand Marché Transatlantique » (M. Villenave, adjointe et VP de la CDA, J. Ferret-Boudier, D. Gensac, A. Latreuille, …) ; des élus du Conseil régional du Poitou-Charentes (M.P. Jammet et A. Bucherie, vice-présidents, C. Cap) qui vient de voter un vœux identique ; des élus rochelais ( JM Soubeste, adjoint, E. Perrin, P. Joubert, N. Jaumouillé, G. Gouron) ; V. Coppolani, maire de La Jarne, D. Vailleau, maire d’Angoulins et VP de la CDA ; Loris Paverne, adjointe à Thairé ; un conseiller général, J.P. Mandroux ; L. Saunier, élu de Forges ; E. Foltesse, élue de Dompierre et d’autres élus, …

Sans participer au Collectif national Stop-Tafta, la LDH est attachée à la démocratie et à la citoyenneté. Il n'est pas du tout normal que ces négociations POLITIQUES se fassent dans le plus grand secret. Nous devons savoir

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 20:26

«Vous pouvez voter, mais nous choisissons les candidats».

La crise politique ne cesse de s’aggraver à Hongkong : une semaine de grève universitaire commencée le 22 septembre suivie d’une manifestation interdite, une demande d’entrevue ignorée avec le chef de l’exécutif, l’escalade des barrières protégeant les bâtiments administratifs et des dizaines d’arrestations, puis le 28 septembre, l’usage intensif des gaz lacrymogènes par la police anti-émeute avec le lendemain, l’occupation et la paralysie anticipées du quartier des affaires promises initialement pour le premier octobre, - un camouflet pour la fête nationale chinoise.

C’est que les menaces sur Hongkong se précisent : les discours officiels ne contiennent plus la phrase rituelle sur «l’administration de Hongkong par les gens de Hongkong» ; pas de référence non plus à ce «haut niveau d’autonomie» assuré autrefois pour cinquante ans et qui devait rassurer les habitants du territoire.

Fin août à Beijing, l’Assemblée nationale donne son point de vue et veut l’imposer : les autorités expliquent d’abord qu’en cas de troubles dans l’ancienne colonie britannique, les forces de l’ordre ont les moyens de reprendre en main la situation ; puis des spécialistes de la «Loi fondamentale» laissent entendre que Beijing reprendrait le pouvoir direct si la protestation prenait de l’ampleur (Zhang Dinghuai, directeur adjoint du Centre de Shenzhen pour la Loi fondamentale, South China Morning Post – 11 septembre).

Sur le fond pour Beijing, le suffrage universel de Hongkong n’a pas à se plier à la norme internationale où chacun vote et a le droit aussi de se porter candidat. Cette restriction s’applique d’ailleurs aux élections locales du régime central : le régime filtre, bloque, gêne de mille manières les candidats libres. Selon le livre blanc, les candidats de Hongkong seront deux ou trois seulement et ils devront avoir obtenu la majorité des voix d’un comité désigné de désignation de 1.200 personnes.

Le mouvement de désobéissance Occupation du quartier d’affaires (Occupy Central) qui se prépare pour le premier octobre, diffusait le 24 septembre un manuel de désobéissance expliquant les modalités de la manifestation et les précautions à prendre face à la police. Ce blocage du quartier des affaires a pour objet de pousser les membres du Conseil législatif à rejeter le projet du gouvernement central pour l’élection du chef de l’exécutif en 2017.

Le 12 septembre, un groupe d’étude catholique mené par le cardinal Zen Ze-kiun avait demandé aux législateurs de faire de même car ces propositions vidaient de tout sens le suffrage universel et il s’agissait d’une question de «dignité». Le 15 septembre, cinq cents vingt universitaires affirmaient dans une déclaration leur volonté de lutter pour une démocratie authentique et apportaient leur soutien à la prochaine grève des cours. Ce mouvement de fond divise la population du territoire. Plusieurs accrochages accompagnés de violences ont déjà opposé les protestataires et les éléments favorables à Beijing. Les autorités, qui cherchent à restreindre l’ampleur des manifestations, ont rejeté la demande de manifestation dans le quartier des affaires le premier octobre, au motif que l’emplacement était réservé pour la célébration de la fête nationale.

Certains craignent le pire, qui n’est pas exclu : dans une lettre ouverte au chef d’État publiée dans le New York Times et le Wall Street Journal, des financiers du camp démocrate demandent à Xi Jinping de ne pas traiter le mouvement de protestation comme le fut celui de 1989 à Beijing, par le recours à une répression sanglante. Relayant cette démarche, 170.000 pétitionnaire des États-Unis demandent au chef de la Maison blanche d’avertir le pouvoir chinois des «sévères conséquences» qu’entraînerait une suppression militaire du mouvement démocratique. La population s’inquiète car elle craint que Beijing sous-estime la force du mouvement démocratique.

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 02:59

En guerre… La France est entrée en guerre. Plus exactement, elle s’est engagée sur un nouveau champ d’affrontement militaire, en intégrant une coalition internationale suscitée et dirigée par les Etats-Unis d’Amérique contre les forces de Daesh.

S’il fallait juger de la qualité de cet engagement au travers de la seule personnalité de ceux qu’il entend combattre, les choses seraient simples. Daesh, disons le nettement, n’a rien pour plaire, pas plus que ceux qui, dans le monde, terrorisent et assassinent en son nom : l’ignoble décapitation dont notre compatriote Hervé Gourdel a été la victime signe en lettres de sang une folie haineuse et mortifère.

La dénoncer pour les horreurs qu’elle porte ne saurait, hélas, suffire : il faut lui opposer la puissance de la raison, la légitimité des lois internationales et la force des armes. Malheureusement, l’entrée en guerre de la France répond surtout au dernier de ces trois termes. Un déséquilibre qui peut s’avérer lourd de conséquences, tant sur la scène internationale que dans les débats politiques européen et français.

Et la raison est souvent parmi les premières victimes, comme la vérité, de l’état de guerre. Certes, nul n’a eu besoin de diaboliser ledit « Etat islamique », tant sa nature et ses actes sont effroyables. Mais ce bilan ne devrait pas permettre de faire l’économie d’une analyse du phénomène, de sa genèse, des mensonges fondateurs de Georges Bush qui ont été à son origine, des stratégies militaires magistralement erronées qui en ont facilité la croissance et le rayonnement régional.

La précipitation avec laquelle la France a rejoint la coalition américaine, sans discuter ni au Parlement ni ailleurs des objectifs concrets de l’engagement, de la stratégie à mettre en œuvre, des visées diplomatiques qui devraient accompagner cet engagement militaire, réduit considérablement le rôle qu’elle pourra – ou pourrait – jouer comme acteur politique à part entière dans les débats diplomatiques à venir.

Ce, d’autant plus que la légitimité internationale est largement marginalisée dans le processus gouvernemental de mobilisation. L’ONU, dans cette affaire, est en effet charitablement placée sur le banc de touche consécutivement au constat de son impuissance. Le problème est largement réel, mais le pointer pour uniquement le contourner ne contribue nullement à le résoudre, tout au contraire. Convoquer des alliances de circonstance sur des objectifs de circonstance, c’est enfoncer le clou selon lequel les lois et institutions internationales ne sont utiles qu’en tant qu’elles valident les anciennes dominations, et que face à la barbarie, les armes doivent prendre le pas sur les règles qui fondent la communauté internationale comme communauté de droit.

C’est une dialectique fort dangereuse en tant qu’elle sacrifie l’avenir à l’urgence. C’est en son nom que, depuis le 11 septembre, les Etats-Unis d’Amérique se sont lancés dans une guerre dont l’effet devait être une véritable contagion démocratique régionale… En fait de contagion, la seule à laquelle nous avons assisté a été celle de la guerre. Et le monde, loin de mieux s’en porter, n’en finit pas de s’enfoncer dans des conflits autour desquels fleurit, selon qu’il s’agisse de l’Europe de l’Est ou du Moyen-Orient, un deux poids deux mesures destructeur pour l’idée même de droit international. Toxique sur la scène internationale,

cette dynamique ne l’est pas moins pour le débat démocratique national autour du phénomène « djihadiste », désigné comme ennemi public numéro un. Depuis son intervention à l’Assemblée nationale lors du vote de confiance demandé pour son gouvernement, le Premier ministre ne cesse de multiplier les variations sur l’air de l’union sacrée. La France étant en guerre, les critiques devraient cesser, les débats s’éteindre et tout problème être réévalué à l’aune de « la sécurité des Français », dont le Président s’est plu à souligner, en introduction de sa dernière conférence de presse, qu’elle était « son premier devoir ».

Le projet de loi contre le terrorisme, soumis au vote dans cette même période, illustre les dangers et les dérives liberticides portés par cette rhétorique.

*Limitation des libertés sur Internet

*Limitation de la liberté de la presse, d’aller et venir pour des citoyens français au nom d’une prédictibilité par essence douteuse, extension de la sphère d’intervention de la police au détriment du juge…

Gageons que cette loi ne fera pas grand mal au terrorisme. Elle risque en revanche de faire passer à l’arrière-plan une vérité pourtant essentielle : la démocratie ne peut relever les défis du terrorisme qu’en s’affirmant comme telle, avec tout ce qui fonde sa richesse, la liberté et le débat. C’est la voix du bon sens.

Tout laisse à craindre que l’envol assourdissant de nos Rafale vers les cibles d’Irak ne contribue à la rendre inaudible.

Pierre Tartakowsky, président de la LDH Editorial de LDH Info, n°246, et de la prochaine lettre d’information « Droits de l’Homme », n°106.

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 07:43

La Ligue des droits de l’Homme se joint à la douleur et à l’émotion qui ont saisi la France tout entière devant le meurtre abject dont Hervé Gourdel a été la victime. Elle assure sa compagne Françoise, sa famille et ses proches de ses sentiments de solidarité, en ces heures de deuil et de colère.

La LDH a invité les citoyennes et les citoyens à participer aux rassemblements de solidarité qui se sont tenus dans de nombreuses villes de France, et à le faire dans la dignité et la lucidité.

Elle met en garde contre toute tentative d’instrumentalisation haineuse de ce crime, contre tout amalgame entre meurtriers et croyants, entre islam et terrorisme.

De la même façon, elle invite les Françaises et les Français, et celles et ceux qui vivent et travaillent en France à rester mobilisés et vigilants face aux tentatives visant à étouffer le débat public au bénéfice de mesures autoritaires. Relever les défis posés par le terrorisme suppose une défense déterminée de la démocratie, une démocratie riche de la raison et du débat contradictoire, forte de la fraternité et de la solidarité. Face au crime, c’est autour de ces valeurs que la Ligue des droits de l'Homme appelle toutes et tous à se rassembler (...)..

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 04:14

~~Communiqué du collectif Votation citoyenne - Pour le droit de vote des étrangers aux élections locales Paris, le 22 septembre 2014

Droit de vote des étrangers : la citoyenneté de résidence avance, mais trop lentement

Au 1er janvier 2014, 1 397 conseillers municipaux n'étaient pas français : 409 étaient britanniques, 323 belges, 177 portugais. Le nombre de candidats étrangers a augmenté lors des élections municipales de mars 2014 par rapport aux élections précédentes de 2008. Le nombre d'élus aussi. Preuve que notre démocratie a réussi à intégrer de nombreux étrangers pour la conduite des affaires locales.

Hélas cette ouverture se limite actuellement aux seuls résidents de l’Union européenne, laissant de côté toutes celles et tous ceux qui, originaires d’autres pays, participent également à la vie économique, sociale, culturelle et associative de nos communes. Ceci porte atteinte à l’égalité des droits et à la démocratie.

Le sondage annuel de la Lettre de la citoyenneté - Harris interactive, daté de mai 2013, avec 54 % d'opinions favorables au droit de vote de tous les résidents étrangers aux élections locales, renouait avec la majorité des sondages annuels depuis 1999.

Le creux apparu dans l'opinion publique en France remarqué en 2011-2012 était donc bien conjoncturel sous les coups de boutoir de l'UMP pendant la campagne présidentielle. Début mai, le président de la République, après avoir renoncé à engager la réforme constitutionnelle permettant d’octroyer le droit de vote à tous les résidents étrangers pour les municipales de 2014, a affirmé qu'un texte législatif sur ce droit de vote serait proposé avant la fin du quinquennat. Il a réitéré cet engagement le 14 juillet.

Les « Ecossais » viennent de se prononcer sur le devenir de ce pays et son éventuel détachement du Royaume-Uni. Ces élections étaient aussi ouvertes aux résidents à partir de 16 ans qu’ils soient de nationalité du Royaume-Uni, de pays du Commonwealth ou encore de pays de l’Union européenne.

Si on peut regretter que le droit de vote n’ait pas été élargi aux autres résidents de nationalités de pays extracommunautaires en dehors du Commonwealth, on doit reconnaître ce pas en avant vers une citoyenneté de résidence d’autant plus que l’enjeu ne se limitait pas à une problématique locale.

Le collectif Votation citoyenne pour le droit de vote des étrangers aux élections locales, qui fait suite à tous les collectifs qui ont mené ces campagnes depuis près de 25 ans, appelle le Président à assumer son 50e engagement de candidat.

Il demande aussi aux partis politiques à prendre leurs responsabilités, afin que notre pays ne soit pas, en Europe, parmi les derniers à octroyer le droit de vote à une partie de la population qui réside depuis longtemps sur notre sol, comme malheureusement il fut parmi les derniers à ouvrir le droit de vote aux femmes.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 19:17

Dans la vie quotidienne, que ce soit dans les médias, dans les relations sociales, dans les discours politiques, etc., force est de constater que les Roms sont fréquemment victimes de violences et discriminations diverses (difficultés d’accès à la santé, à la scolarisation, à l’emploi, au logement, etc.).

Ces discriminations sont le plus souvent la conséquence d’une méconnaissance et d’une ignorance quasi totales et systématiques des droits de ces populations. Les Roms eux-mêmes n’ont souvent pas conscience qu’ils ont accès aux mêmes droits que toute personne.

Face à ce constat, la Ligue des droits de l’Homme a développé, depuis janvier 2013, le projet Inserom, avec l’objectif de pallier à la méconnaissance des droits civiques et sociaux des populations roms. Elle a travaillé en collaboration avec quatre partenaires européens : l’Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía (APDHA) en Espagne, Black and Ethnic Minority Infrastructure (Bemis) en Ecosse, le Czech Helsinki Committee (CHC) en République tchèque et l’Association pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) au niveau européen.

Un kit pédagogique

De ce projet est né un kit pédagogique, composé de deux outils : le guide de référence et le guide du formateur. Il a pour vocation de permettre aux intermédiaires, intervenants bénévoles ou professionnels qui travaillent auprès des Roms, ainsi qu’aux Roms eux-mêmes, de maîtriser l’accès aux droits et d’être en mesure d’expliciter ces droits aux populations concernées.

*Le guide de référence propose un référentiel législatif en matière d’accès aux droits des populations roms, pour la France et au niveau européen, qui se fonde sur l’expérience de terrain des structures parties prenantes au projet.

* Le guide du formateur est destiné aux formateurs ainsi qu’aux militants et professionnels, de façon à améliorer leur travail et à leur permettre de transmettre les informations. Il permet de concevoir et de mettre en pratique un programme de formation, en lien avec le guide de référence.

Ces outils sont disponibles sur le site Internet www.inserom.eu, et par commande sur le site de la boutique de la Ligue des droits de l’Homme (http://boutique.ldh-france.org). Ce projet est soutenu par le programme LLP de l’Union européenne (Lifelong Learning Programme).

~~Communiqué LDH Paris, le 18 septembre 2014

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 10:00

Le Parquet de Paris vient, selon RTL, d'ouvrir une enquête contre l'humoriste pour "apologie d'actes de terrorisme".

Dieudonné n'en a pas fini avec la justice. Il risque cinq ans de prison à la suite de ses propos dans sa dernière vidéo diffusée sur le net. Intitulée "feu Folley", le polémiste revient sur l'assassinat du journaliste américain par les extrémistes musulmans de l'Etat islamique.

Le comique controversé y compare la mort du reporter à celles du colonel Kadhafi en Libye ou de Saddam Hussein en Irak. Des crimes qui n'ont, selon lui, jamais ému "la mafia des Rothschild". Il ajoute ensuite : "La décapitation symbolise le progrès, l'accès à la civilisation".

L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire parisienne. Dieudonné est déjà visé par des enquêtes pour "organisation frauduleuse d'insolvabilité", "blanchiment et abus de biens sociaux", ainsi que pour "incitation à la haine raciale" et "injure publique". (6Medias)

Après les attaques racistes contre la nouvelle Ministre de l'Education nationale, les propos de Dieudonné viennent grossir la vague raciste. Une réaction s'impose pour combattre ce poison.

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Déléguée aux prisons: Denise PIAU ( 06 08 22 23 57)