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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 20:06

La LDH parisienne appelait à manifester contre l'agression de Clément. La LDH rochelaise soutient cette démarche de lutte contre l'extrême-droite, comme elle le fait à l'Université de La Rochelle. Une manifestation a lieu à La Rochelle ce Samedi 8 Juin à 18h Place de Verdun, à l'iniiative de l'UNL, de l'Unef, des Jeunes du MJS et de la JC. 

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Veuillez trouver ci-dessous un lien vers une vidéo du discours prononcé par Pierre Tartakowsky, président de la LDH, à l’occasion du rassemblement de jeudi 6 juin 2013, à Paris, devant la fontaine Saint-Michel, en hommage à Clément Méric, assassiné par des skinheads mercredi dernier et en protestation contre la montée de la violence.

Lien Vimeo : http://vimeo.com/67908501

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Fédération de Paris de la Ligue des droits de l'Homme
fedeparis@ldh-france.org
40 rue de Malte, 75 011 Paris

Les ligueurs parisiens ont appris avec effroi la nouvelle de l’agression de Clément, militant syndical étudiant, battu à mort en plein jour dans les rues de Paris par des membres d’un groupuscule d’extrême droite. 

Cette agression vient après les insupportables manifestations que nous avons connues à propos du mariage pour tous et qui ont vu l’extrême droite occuper l’espace politique. Las, les inquiétudes de la Ligue des droits de l’Homme dénonçant un discours haineux se sont avérées exactes : après les mots viennent les actes. Les responsables sont donc aussi à chercher du côté de ceux qui propagent un discours contraire aux valeurs de la République.

Fer de lance du combat antifasciste dès sa création, comme en témoigne le rôle de la Ligue et de son président Victor Basch, dans les années 30, dans le rassemblement de toutes les forces démocratiques et progressistes dans la lutte contre le fascisme, la Ligue des droits de l’Homme n’a depuis jamais cessé de s’engager contre les groupuscules d’extrême-droite.

Aujourd’hui plus que jamais, elle reste mobilisée et appelle les ligueurs et l’ensemble des citoyens à se retrouver en mémoire de Clément ce Jeudi 6 juin à 18h30 devant la fontaine Saint Michel à Paris (M° ligne 4, RER C).

Julien Molesin

Président de la Fédération LDH de Paris

 

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 15:18

      Le débat autour de la pièce de théâtre écrite avec des étudiants de l'Université de La Rochelle et jouée par eux continue de faire l'objet de points de vue différents, qui peuvent être très opposés. La Section LDH a publié un texte d'analyse et de proposition qui est sur ce site, et la réponse du Président de l'Université:  Une lettre de la section LDH à M. le Président de l'Université de La Rochelle

      Nous vous proposons de trouver ci-dessous le point de vue de l'équipe dirigeante du Théâtre "Toujours à l'horizon", la référence au Manifeste de l'Observatoire de la liberté de création (co-signé en 2003 par la LDH nationale) et le lien avec le site créé par Michel Goldberg, Maître de Conférences à l'Université de La Rochelle,qui dénonce le "caractère antisémite" du texte de la pièce.

     Manière de donner à voir les différentes positions. La Section LDH de La Rochelle-Aunis souhaite, par delà cette polémique, que le débat citoyen ait lieu sur les question du récisme, de la montée des idées d'extrême-droite, autour d'initiatives culturelles favorisant le débat citoyen, proposition reprise par. le Président de l'Université de La Rochelle.

Henri Moulinier

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Lettre ouverte des responsables du Théâtre "Toujours à l'horizon":

Nous avons décidé d’écrire une lettre ouverte contre la censure et pour la liberté d’expression. 

Le théâtre « Toujours à l’Horizon », qui s’est implanté dans le port de La Pallice dans le but d’articuler la découverte de textes modernes et contemporains avec un travail de mémoire du quartier, a toujours eu la résistance et la défense de valeurs humanistes et collectives pour mots d’ordre. Pour preuve les textes portés par l’équipe artistique professionnelle et amateur : Kafka, Duras, Durif, Koltès, O’Casey, Behan, Tchékov, Keen etc. Des œuvres exigeantes suscitant le questionnement de certaines orientations sociales et politiques de nos sociétés occidentales.

La pièce écrite par 6 étudiants, sous la conduite d’Eric Noël, auteur Québécois en résidence au Centre Intermondes, est le fruit d’un atelier libre d’expression. Cette pièce intitulée « Une pièce sur le rôle de vos enfants dans la reprise économique mondiale » a fait l’objet de 5 représentations au théâtre Toujours à l'Horizon du 3 au 7 avril 2013. Un premier débat avec les auteurs a été organisé à l’issue d’une représentation, comme nous le faisons chaque année. 

Le but de cette pièce n’était en aucun cas de choquer ou de blesser une communauté, qu’elle soit américaine, italienne, juive, chinoise, allemande ou québécoise. Certes, de nombreux clichés et allusions moqueuses à ces communautés sont présentes dans le texte, et nous concevons que ce type d’ « humour qui dénonce », comme le dit un des personnages de la pièce p.89, puisse être dérangeant pour certaines personnes.

 Mais dans ce texte, écrit par des apprentis-écrivains, des précautions ont été prises pour que les spectateurs comprennent bien qu’il s’agissait de deuxième degré et de nombreux décrochages sont présents, c’est-à-dire que les personnages jouent avec les codes du théâtre, « sortent » de la pièce et se mettent en rapport direct avec le public, comme pour nous avertir et nous dire : « Regardez ce qui se passe là ».

Desproges disait « on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ». On ne peut pas forcer les gens à apprécier certains types d’humour, mais on ne peut pas les forcer non plus à les condamner. Il faut comprendre cette génération biberonnée à l’humour sarcastique, décalé, voire provocateur et déconcertant pour certains, de Canal+, et ne voir dans leurs moqueries qu’une façon de contrer le désespoir que le monde d’aujourd’hui peut leur renvoyer. On reproche parfois à la jeune génération de ne pas être engagée, mais leur texte dénonce le monde financier devenu totalement fou et cynique, la corruption des puissants, et défend un monde où la valeur est l’humain et non le capital.

Il est faux de dire que rien n’a été fait. Depuis les quelques réactions hostiles qu’ont provoqué ce texte chez un spectateur sur environ 450, et quelques lecteurs, qui n’ont souvent lu que les passages soulignés en rouge et les explications de texte fournis par le principal détracteur, deux réunions ont eu lieu pour engager un dialogue constructif et pédagogique.

La première a eu lieu le 3 mai à l’initiative du Président de l’Université de La Rochelle avec toutes les parties concernées, puis une autre le 15 mai au théâtre « Toujours à l’Horizon » pour soutenir les divers partenaires (théâtre, centre intermondes et université), et en particulier les étudiants très choqués par la violence des propos à leur encontre. Le 15, tous ont pu dialoguer avec des personnes issues de diverses communautés, y compris juives, et divers milieux professionnels (principalement artistes et enseignants). 

Enfin, nous tenons à préciser que la pièce est écrite, jouée et mise en scène dans un processus de distanciation. De nombreux auteurs, metteurs en scène, comédiens utilisent la distanciation depuis Bertolt Brecht. Cette distanciation nous place dans un sens critique et déjoue les pièges d’une psychologie au premier degré.

Encore une fois, il ne faut pas confondre les propos des personnages et le sens de la pièce.

Faut-il condamner Bruno Ganz et Charlie Chaplin d’avoir interprété Hitler ?

Faut-il condamner Molière de nous avoir montré un Don Juan qui défit la Terre entière ?

« Il est essentiel pour une démocratie de protéger la liberté de l’artiste contre l’arbitraire de tous les pouvoirs, publics ou privés. Une œuvre est toujours susceptible d’interprétations diverses, et nul ne peut, au nom d’une seule, prétendre intervenir sur le contenu de l’œuvre, en demander la modification, ou l’interdire » .

Extrait du manifeste de l’Observatoire de la liberté de création publié en mars 2003 dans Les Inrockuptibles, La Quinzaine Littéraire et Politis (voir les signataires sur le site http://www.ldh-france.org/-Le-Manifeste-.html)

Le bureau de l’association du théâtre « Toujours à l’Horizon »

Claudie Landy, Metteure en scène du théâtre Toujours à l'Horizon

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Site créé par Michel Golberg, Maître de Conférence à l'Université de La Rochelle,

qui a mis en cause le caractère antisémite de la pièce de théâtre:

https://sites.google.com/site/atelierecriturelarochelle/


Et un article de Mariane du 6 juin 2013

Antisémitisme sur scène à La Rochelle

 

   Guy Konopnicki

 

Capture d'écran de la page Théåtre et écriture de plateau du site de l'Université de la Rochelle « Hitler a déshonoré l’antisémitisme », écrivait Georges Bernanos après avoir rompu avec l’engagement maurrassien de sa jeunesse, pour s’opposer radicalement au fascisme. 

Or dans la très honorable Université de la Rochelle, des étudiants, encadrés par un honorable enseignant et par un atelier théâtre non moins honorable, ont écrit et joué une pièce dont l’objet était de décrire et de combattre la mondialisation.  Projet honorable, décidément… 

Sans doute par un fâcheux hasard, la mondialisation s’incarne en une entreprise familiale, l’entreprise Goldberg, toute puissante et sans scrupule. L’argent mondialisé, c’est naturellement le juif. Ce premier stéréotype ne suffisant pas, la multinationale Goldberg and Co décide d’investir sur l’avenir, en spéculant sur les enfants mis au monde. 

Le juif, porteur de la souillure de l’argent, pousse l’esprit de lucre jusqu’à s’emparer du symbole même de l’innocence, l’enfant à naître. La plus ancienne des superstitions antisémites trouve ici une version moderne. Car cette spéculation sur l’enfant n’est rien d’autre que la résurgence du crime rituel. 

Dans l’Allemagne du Moyen-Age et dans les tréfonds de l’Ukraine des paysans illettrés et gorgés de vodka, on imaginait le juif immolant des enfants innocents. A l’Université de la Rochelle, au XXIe siècle, ce même juif investit sur les enfants nouveau-nés, pour les endetter à vie, transformer les génération à venir en biens hypothéqués à son profit. 

Sur scène, l’entreprise Goldberg est incarnée par une mégère, laide, cupide, autoritaire et sale. Marta Goldberg domine le monde, elle vocifère, commande, calcule, insulte et condamne. Et de s’écrier : « Je suis partout chez moi ! » 

C’est connu, les juifs sont partout, s’insinuent et pourrissent le monde pour mieux le dominer. On croirait relire le Céline des pamphlets s’il y avait le moindre soupçon de talent chez les auteurs de ce texte, pour tout dire aussi affligeant par la platitude du style que par l’immonde bêtise du propos. 

Comme il ne suffisait pas de cette entreprise Goldberg et de son immonde patronne, apparaissent sur scène deux personnages grimés en juifs religieux. Dieudonné n’est pas très loin… Ces deux « rabbins », sont nommés Cohen 1 et Cohen 2, ils sont chasseurs de nazis. 

Bien sûr, on leur demande, en appelant le gros rire du public, s’il est bien raisonnable de poursuivre encore les nazis et d’être obsédés par une si vieille histoire… Mais ce n’est pas tout. Les voici accusés de vivre du « shoah bisness », terme utilisé sur tous les sites antisémites et négationnistes et amplifié jusqu’à l’obscénité par Dieudonné. 

Ces Cohen 1 et 2 poursuivent un ancien nazi, doublé d’un mauvais cuistot planqué dans un restaurant. Un personnage leur demande de cesser de harceler ce vieillard. Les Cohen  refusent… jusqu’au moment où il se voit proposer une grosse liasse de billets.

Effet comique garanti, quand la main du juif, corrompue par l’argent, serre celle du nazi, pardonné au comptant. C’est au moins aussi drôle qu’un calembour de Le Pen sur les fours crématoires. 

Pour une bonne liasse de billets un juif peut tout pardonner, même le nazisme. Le texte, déjà sidérant de bêtise, atteint les sommets de l’abjection antisémite.

Pourtant lorsqu’un enseignant alerte le président de l’Université de La Rochelle, tout le monde semble surpris de sa réaction. Les étudiants ont été aidé, pour l’écriture, par un enseignant canadien, Eric Noël et pour la mise en scène par l’Atelier théâtre de Claudie Landy, qui jusque-là, nous avait habitués à mieux. 

Ce serait du second degré ! La lecture de la pièce dément cette interprétation. Autant prétendre que l’on peut jouer « au second degré », les Protocoles des Sages de Sion ! 

L’enseignant inquiet, Michel Goldberg, maître de conférence à l’Université de la Rochelle serait donc liberticide… Ne peut-on, innocemment, plaisanter sur le juif ? 

Le pire, c’est que les étudiants sont peut-être de bonne foi. Ils ont aligné, sans les comprendre, les pires stéréotypes antisémites. Leur méconnaissance de l’histoire, leur ignorance crasse du judaïsme, réduit à des clichés insanes, témoigne surtout du désastre scolaire et universitaire. 

On comprend que le président de l’Université de La Rochelle cherche à minimiser l’incident, en affirmant que le caractère antisémite de la pièce n’était pas certain… Michel Goldberg, de son côté, n’intervient pas en censeur. Il entend alerter la communauté universitaire sur la gravité de cette dérive. L’antisémitisme s’est exprimé avec une telle évidence qu’on ne le voit même plus.

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www.ldh-france.org
Tous les êtres humains naissent et demeurent libres et égaux en droits.

 

Le manifeste de l’Observatoire de la liberté de création

Un personnage de roman ou de film est fictif : il n’existe pas, autrement que dans l’oeuvre. S’il tient des propos racistes, ou s’il raconte sa vie de pédophile, ces propos n’ont ni le même sens ni la même portée que s’ils étaient tenus par un citoyen s’exprimant dans l’espace public.

D’une part, ils n’expriment pas nécessairement l’opinion de l’auteur, et il serait absurde de condamner pénalement des propos qui n’existent que sur le papier : cela reviendrait à assimiler l’auteur à son personnage, à le confondre avec son oeuvre. Or représenter, évoquer, n’est pas approuver.

D’autre part, le spectateur ou le lecteur peut mettre à distance ces propos.

L’oeuvre d’art, qu’elle travaille les mots, les sons ou les images, est toujours de l’ordre de la représentation. Elle impose donc par nature une distanciation qui permet de l’accueillir sans la confondre avec la réalité.

C’est pourquoi l’artiste est libre de déranger, de provoquer, voire de faire scandale. Et c’est pourquoi son oeuvre jouit d’un statut exceptionnel, et ne saurait, sur le plan juridique, faire l’objet du même traitement que le discours qui argumente, qu’il soit scientifique, politique ou journalistique...

Cela ne signifie pas que l’artiste n’est pas responsable. Il doit pouvoir rendre compte au public, mais toujours dans le cadre de la critique de ses oeuvres, et certainement pas devant la police ou les tribunaux.

Il est essentiel pour une démocratie de protéger la liberté de l’artiste contre l’arbitraire de tous les pouvoirs, publics ou privés. Une oeuvre est toujours susceptible d’interprétations diverses, et nul ne peut, au nom d’une seule, prétendre intervenir sur le contenu de l’oeuvre, en demander la modification, ou l’interdire.

L’histoire a toujours jugé avec sévérité ces censures et ces condamnations qui furent, au fil des temps, l’expression d’un arbitraire lié à une conception momentanée de l’ordre public, de l’ordre moral, voire de l’ordre esthétique.

Nous affirmons que le libre accès aux oeuvres est un droit fondamental à la fois pour l’artiste et pour le public. Il revient aux médiateurs que sont notamment les éditeurs, les directeurs de publication, les commissaires d’exposition, les producteurs, les diffuseurs, les critiques de prendre leurs responsabilités à la fois vis à vis des auteurs et vis-à-vis du public : l’information du public sur le contexte (historique, esthétique, politique), et sur l’impact du contenu de l’oeuvre, quand il pose problème, doit remplacer toute forme d’interdiction, ou toute forme de sanction à raison du contenu de l’oeuvre.

Et il est également essentiel de défendre la liberté de la création et de la diffusion contre les phénomènes d’entrave économique telles les menaces d’abus de position dominante, d’uniformisation des contenus et d’absence de visibilité des oeuvres que font peser les mouvements de concentration.

La Ligue des droits de l’Homme, avec des personnalités et des associations, a créé un observatoire de la liberté d’expression en matière de création pour débattre et intervenir sur ces questions.

Elle demande aux pouvoirs publics l’abrogation : de l’article 14 de la loi de 1881 , de l’article 14 de la loi de 1949 , et l’exclusion expresse des oeuvres du champ d’application des articles 24 de la loi de 1881 , et 227-23 et 227-24 du code pénal, toutes dispositions permettant aujourd’hui soit une mesure d’interdiction par le ministère de l’intérieur, soit une sanction pénale des oeuvres à raison de leur contenu.

Elle invite tous ceux qui défendent la liberté de créer, lecteurs, auditeurs, spectateurs aussi bien que les artistes, écrivains, cinéastes, musiciens, éditeurs, critiques, galeries, producteurs, institutions, syndicats, etc... à participer à cet observatoire.

Déclarent participer et adhérer à ce manifeste :

Chantal Ackerman, cinéaste ; Pierre Alferi, écrivain ; Philippe Arnould, réalisateur ; Ariane Ascaride, comédienne ; Lucien Attoun, critique dramatique ; Patricia Bardon, cinéaste, membre de la commission de classification des films ; Benjamin Barouh, éditeur ; Arnaud Baumann, photographe ; Guy Bedos, humoriste ; Jean-Jacques Beineix, cinéaste ; Hervé Bérard, cinéaste, membre de la commission de classification des films ; Sylvie Blocher, artiste plasticienne ; Marc Caro, cinéaste ; Julien Cendres, écrivain ; Ines Champey, critique d’art ; Jean-Paul Curnier, écrivain ; François Daune, architecte urbaniste ; Luc Decaster, cinéaste ; Régine Deforges, écrivain ; Olivier Ducastel, cinéaste ; Aude Du Pasquier Grall, artiste ; Pascale Ferran, cinéaste ; Yves Frémion, écrivain, conseiller régional ; Jean Ferrat, chanteur ; Gloria Friedman, artiste ; Philippe Garrel, cinéaste ; Fernand Garcia, producteur, membre de la commission de classification des films ; Jacob Gautel, artiste ; Olivier Grasser, responsable de l’art contemporain à la maison de la culture d’Amiens ; Robert Guédiguian, cinéaste ; Jacques Henric, écrivain ; Thomas Hirschhorn, artiste ; Michel Host, écrivain ; Paula Jacques, écrivain, éditeur ; Frédéric-Yves Jeannet, écrivain ; Francis Jeanson, écrivain ; Nicolas Jones-Gorlin, écrivain ; Bernard Joubert, journaliste ; Serge Koster, écrivain ; Jean-Marie Laclavetine, écrivain, éditeur ; Alain Lance, directeur de la Maison des Écrivains ; Caroline Lamarche, romancière ; Lysianne Léchot Hirt, responsable des activités culturelles de l’Université de Genève ; Bertrand Leclair, écrivain ; Philippe Mangeot, enseignant ; Eric Mangion, FRAC PACA ; Farouk Mardam-Bey, éditeur ; Jacques Martineau, cinéaste ; Claire Merleau-Ponty, scénographe ; Annette Messager, artiste ; Yves Michaud, professeur des universités ; Catherine Millet, écrivain ; Florence Montreynaud, écrivaine ; Gaël Morel, acteur, réalisateur, scénariste ; Edgar Morin, chercheur ; Maurice Nadeau, éditeur ; Yves Nilly, écrivain ; Dominique Noguez, écrivain ; Paul Otchakovsky-Laurens, éditeur ; Aline Pailler, journaliste ; Pierre Paulin, créateur ; Benoit Peeters, écrivain, scénariste ; Gilles Perrault, écrivain ; Jean-Hugues Piettre, centre de ressource du centre national des arts plastiques ; Olivier Poivre d’Arvor, écrivain, directeur de l’AFAA ; Nicolas Rey, écrivain, journaliste ; Anne Rochette, sculpteur, enseignante ; Willy Ronis, photographe ; Philippe Rouyer, critique de cinéma ; Marc Sanchez, directeur artistique du Palais de Tokyo ; Elias Sanbar, écrivain ; Jean-Louis Sarthou , écrivain ; Léon Schwartzenberg, médecin, professeur, écrivain ; Antoine Spire, écrivain ; Raphael Sorin, éditeur ; Lionel Soukaz, cinéaste ; Eric Tandy, critique musical ; Jean-Pierre Thorn, cinéaste.

Associations/Revues/Syndicats :

AACE ; Artconnexion, agence de production et de médiation en art contemporain ; Association des Bibliothèques de France (ABF) ; Association de Développement et de Recherche sur les Artothèques (ADRA) ; Association des Conservateurs et du Personnel Scientifique des Musées de la Ville de Paris ; Association des Conservateurs d’Art Contemporain (CAC 40) ; Association Internationale des Critiques d’Art (AICA), section française ; Association Française des Régisseurs d’Oeuvres d’Art (AFROA) ; Association Nationale des Conseillers aux Arts Plastiques (ANCAP) ; Association Nationale des Directeurs de Centres d’Art (DCA) ; Association Nationale des Directeurs d’Ecoles d’Art (ANDEA) ; Association Nationale des Directeurs de FRAC (ANDF) ; Association Nationale des Personnes en Charge des Relations des Publics à l’Art Contemporain (Un moment voulu) ; Association Places Publiques ; Bureau d’Art et de Recherche de Roubaix ; Cassandre (revue) ; Chambre Syndicale de l’Estampe, du Dessin et de Tableau (CSEDT) ; Collectif Culture ; Collectif GIGA ; Comité des Artistes Auteurs Plasticiens (CAAP) ; Comité Professionnel des Galeries d’Art (CGA) ; Congrès Interprofessionnel de l’Art Contemporain (CIPAC) ; Coordination Nationale des Enseignants des Écoles d’Art (CNEEA) ; Dédale ; Fédération Française des Conservateurs Restaurateurs (FFCR) ; Fédération des Réseaux et Associations d’Artistes Plasticiens (FRAAP) ; Immanence ; Jeune Création ; Lac et S ; Le Génie de la Bastille ; Le pays où le Ciel est toujours bleu ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; SEPA - Bon Accueil ; RDV – Murmures de Quartier ; Revue d’Etudes Palestiniennes ; Syndicat National des Artistes Plasticiens CGT (SNAP CGT) ; Vacarme (revue).

Signatures publiées en mars 2003 dans Les Inrockuptibles, la Quinzaine Littéraire et Politis.

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 09:45

Cafes NEW

Le Congrès national de la LDH de Niort en Mai dernier a adopté une résolution sur ce thème qui servira de base à notre café: Résolution adoptée - Economie sociale et solidaire un enj Résolution adoptée - Economie sociale et solidaire un enj

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 12:47

 A la suite de la création et de la présentation d'une pièce de théâtre étudiante à l'Université de La Rochelle, qui a été l'objet de critiques, voire d'une accusation d'antisémitisme, la section LDH de La Rochelle-Aunis a décidé d'une lettre à M. Le Président de l'Université de La Rochelle, que nous publions ci-dessous. Nous publions aussi de premières réponses, dont celle, très favorable, de M. Blanchard, Président de l'Université

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                                                                                  La Rochelle, le 22 mai 2013

  Section LDH de La Rochelle-Aunis

          99, Rue Nicolas Gargot

                Bongraine

         17 000 – La Rochelle

                                                               A Monsieur Gérard BLANCHARD

                                                               Président de l’Université de La Rochelle

 

Objet : proposition d’initiative citoyenne

 

Monsieur le Président,

 Une pièce de théâtre a été écrite par des étudiants encadrés par un auteur québécois Eric Noël, dans le cadre d’un atelier d’écriture de l’Université de La Rochelle, « en les accompagnant et les guidant dans l’écriture » de cette pièce, dit la présentation officielle, et « sous la conduite et la mise en scène de Claudie-Catherine Landy ». Cette pièce,  « sur le rôle de vos enfants dans la reprise économique mondiale porte un regard relativement féroce main non dénué d’humour sur notre monde, absurde et déréglé par la finance folle ». La société d’investissement Goldberg et C° en constitue l’acteur central. Cette pièce, dit encore la présentation officielle, présente « des personnages authentiques, à la fois universel et révélateurs de notre monde d’aujourd’hui  […] ».

Le contenu de cette pièce interroge les stéréotypes qu’elle véhicule, envers une dizaine de personnages, dont la « Goldberg and C° » dirigée par « Richard Goldberg, riche homme d’affaire juif… ». L’intention des étudiants était, certes,  de forcer les traits pour faire rire le public. Nous ne mettons pas en cause leur démarche théâtrale, leur bonne foi, ni celle de Claudy Landy. Mais, dans un contexte social et politique marqué par une réelle et forte montée d’un racisme banalisé, qui fait le lit de la droite extrême, utiliser le stéréotype du « banquier juif » n’est pas neutre et peut contribuer à alimenter, de manière involontaire, ce racisme et cet antisémitisme ambiant.

La Section LDH de La Rochelle Aunis se déclare très attachée à la liberté de création théâtrale à l’Université comme partout. Il n’est donc aucunement question de demander une quelconque censure. Mais, à fortiori dans le cadre universitaire, la liberté de création ne va pas sans esprit de responsabilité, sans faire vivre des valeurs humanistes de tolérance mutuelle, de fraternité, de solidarité,  d’antiracisme. Un devoir de mémoire est aussi nécessaire. Enfin, un éclairage du sens de la pièce, de son écriture, est souhaitable pour contribuer à la nécessaire réflexion critique à l’Université. Ainsi, une présentation préalable aurait pu constituer un moyen de permettre aux spectateurs de voir la pièce avec le recul nécessaire.

Par delà cet épisode, la section de la LDH rochelaise souhaiterait que se développent sur l’Université, La Rochelle et son agglomération, des initiatives culturelles ou autres, permettant le débat citoyen contre le racisme, la montée des idées d’extrême-droite et pouvant faire émerger les valeurs portées par l’Université. Nous faisons appel en ce sens à vous-même,  M. le Président de l’Université, ainsi qu’aux personnels et étudiants et à leurs organisations,  aux créateurs locaux, en particulier à Claudie-Catherine Landy, metteur en scène du Théâtre « Toujours à l’horizon », connue et appréciée pour son travail de création sur La Rochelle et à l’Université depuis des années.

Nous souhaitions, Monsieur le Président, porter à votre connaissance notre réflexion, soucieux que nous sommes, comme beaucoup d’autres, comme vous-même, de l’échange, du débat citoyen, de la défense des valeurs de la République.

Nous sommes à votre écoute pour toute rencontre et nous vous prions, Monsieur le Président, d’accepter l’expression de nos respectueuses salutations. 

                                                  °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Monsieur le Président de la LDH, 

Merci pour votre courrier. Vous savez que je suis très attaché à l'idée de travailler autour de cette problématique. Je l'ai exprimé le 3 mai dernier lors de la rencontre que j'avais souhaitée pour que les personnes concernées et interpelées par cette affaire puissent s'exprimer. 

Je suis tout à fait favorable à votre proposition et suis disposé à en discuter les modalités. 

Bien à vous,

Gérard Blanchard 

Président de l'Université de La Rochelle

Vice-Président de la Conférence des Présidents d'Université (CPU) 

Lire le communiqué complet de la Présidence de l'Université:

   Message de la presidence- 24-05-13 Message de la presidence de l'Université- 24-05-13

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Bonjour, 

La section Snesup-FSU de l'université de l'ULR partage les préoccupations de la LDH et soutient son initiative.

Claude Braud

Snesup-FSU

 

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Universite-LR NEW 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 15:33

Monsieur le président de la République,

Mesdames, Messieurs de la majorité parlementaire

 

Monsieur le président de la République,

Vous avez incarné l’espoir d’un « changement maintenant » et, à ce jour, il a été déçu.

Vous avez désigné la finance comme votre adversaire, et elle règne toujours.

Vous avez prôné l’emploi et la justice sociale, mais le chômage augmente et le niveau de vie des moins favorisés diminue. 

Le gouvernement de votre Premier ministre a su tenir bon face aux manifestations de l’extrême droite alliée à la droite parlementaire, et il a réussi à faire adopter la loi sur le mariage pour tous. Nous aurions souhaité la même détermination pour les autres réformes. 

Il a certes beaucoup écouté la société civile mais sans l’avoir, semble-t-il, entendue. Les grands débats nécessaires à la réussite du changement – sur la politique migratoire et les demandeurs d’asile, la politique de sécurité, les réformes démocratiques, l’avenir de la jeunesse – ont été, jusqu’à ce jour, évacués. 

Mesdames, Messieurs les parlementaires,

Vous vous êtes présentés pour tourner la page des politiques inégalitaires, injustes et sécuritaires ; les stigmates de l’ancienne législature perdurent.

Vous avez voulu incarner l’alternative ; elle peine à se mettre en place.

Vous avez souhaité une pratique parlementaire indépendante et exigeante ; votre voix, trop souvent, est étouffée.

Vous avez l’honneur d’élaborer et de voter les lois. Cette charge vous engage. Nous en appelons à votre responsabilité de représentants du Peuple souverain. L’opposition, la frilosité et l’esprit de renoncement seront toujours mobilisés pour faire échec aux réformes de justice et de progrès. Il vous incombe de faire en sorte que l’espoir et les changements se concrétisent. 

Nous en appelons à cette relation démocratique forte, et à votre courage. Il est vain de vouloir apprivoiser ou contourner les maux qui découlent des politiques néolibérales ou des réflexes sécuritaires. Assumez les propositions de progrès pour les droits et les libertés du programme sur lequel vous avez été élus ; vous ne lui serez fidèles qu’en défendant des mesures de justice, de lutte contre les inégalités, et de restauration des droits des citoyens bafoués par la législation rétrograde des derniers quinquennats. 

Monsieur le président de la République, Mesdames, Messieurs les parlementaires,

Vous avez l’honneur et la charge de disputer notre pays aux crises financière, économique et morale qui alimentent chômage, xénophobies et défiance du politique. Nous avons besoin pour cela de justice et de pragmatisme, d’éthique et de démocratie, de décisions et de détermination. Le changement et la justice ne sont pas des concessions accordées par les forces politiques et économiques qui s’y opposent. La justice, la démocratie et le progrès social ont toujours dû être conquis de haute lutte. Cette vérité est plus que jamais d’actualité.

Monsieur le président de la République, Mesdames, Messieurs les parlementaires,

Nous, militants de la Ligue des droits de l’Homme réunis en congrès, vous demandons instamment de manifester l’éthique politique, le courage civique et la responsabilité nécessaires pour combattre la crise et promouvoir les valeurs proclamées de la République que sont l’égalité, la liberté et la fraternité. 

Nous, militants de la Ligue des droits de l’Homme, répondons toujours présents à l’appel de ces valeurs, et nous nous engageons pour les réformes qu’elles appellent. Nous continuerons à le faire :

- jusqu’à ce que le droit de vote et d’éligibilité de tous les résidents étrangers s’impose car il répond à un impérieux besoin d’élargissement de la démocratie ;

- jusqu’à ce que les rapports entre la police et la population, et particulièrement la jeunesse, soient profondément réformés, car cela répond à un profond besoin de sécurité et de sérénité ;

- jusqu’à ce que la politique pénale soit rééquilibrée, afin que le tout-carcéral laisse la place à une justice digne et réellement efficace,

-  jusqu’à ce que les étrangers soient traités dans le respect des droits de l’Homme et des conventions internationales, qu’il s’agisse de nos concitoyens européens que sont les Roms ou de ceux qui vivent parmi nous ou y recherchent un droit effectif à la protection ;

- jusqu’à ce que les politiques économiques poursuivent le progrès social plutôt que l’enrichissement inégal. 

Monsieur le président de la République, Mesdames, Messieurs les parlementaires,

Vous avez, là où vous êtes, là où le peuple vous a placés, d’immenses responsabilités. Il vous revient de ne pas les décevoir, et il nous revient de vous le rappeler. 

Croyez en notre détermination, à la hauteur de ce que mérite l’avenir de la République.

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 13:15

Un coup d'Etat a eu lieu en Centrafrique le 24 mars. La situation humanitaire y est très grave. Un Collectif national s'est constitué, ainsi qu'un collectif rochelais comprenant des citoyens de ce pays qui vivent dans l'agglomération rochelaise.

Ce collectif rochelais a contacté notre Section LDH rochelaise et nous invite à un 2e rassemblement à ses côtés ce Samedi11 Mai à 10h devant la Médiathèque Michel Crépeau.

A Samedi, si vous le pouvez.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

"Depuis quelques semaines, se déroulent en Centrafrique sous les yeux de la communauté internationale une catastrophe humanitaire et un chaos sécuritaire. La Centrafrique est entrain de dériver vers l’abysse de l’insécurité et des exactions. 

Quand vous finirez de lire ces lignes, il sera déjà trop tard, des enfants auront été tués en masse, les femmes violées et plusieurs vies brisées. Des innocents paient aujourd’hui le lourd tribut de la malheureuse appartenance à une région, à une religion voire à un quartier du simple fait de la stigmatisation. 

Aucun peuple au monde ne doit, à l’heure où toutes les institutions internationales telles que l’ONU, l’UE, l’UA, la CEEAC… ont atteint une grande maturité, vivre dans la peur et l’insécurité.

Pourquoi cette communauté internationale ne vient-elle pas en aide à ces malheureuses familles déjà profondément engluées dans la pauvreté et qui se retrouvent à nouveau persécuter ? Pourquoi ne permet-elle pas à ces pauvres enfants qui errent en pleine nature de retrouver une vie d’enfant, faite de rêve, de sourire et d’innocence ? Pourquoi fermez-nous les yeux ici et là et ne choisir les pays, où vous décidez d’intervenir, qu’à la carte ? Que peuvent faire ces populations face à des dirigeants corrompus, qu’elles ont pourtant élus ou ont été contraintes d’élire ? La communauté centrafricaine vivant à l’étranger appelle à la classe politique ainsi qu’aux médias qui ont éteint leur caméra sur la crise centrafricaine, de faire pression sur la communauté internationale afin de protéger ou faire protéger la population.

La situation est grave que les éléments ci-dessous vont vous permettre de comprendre l’enfer dans lequel vit la population centrafricaine :

- Pas d’électricité,

- Pas d’eau,

- Pas d’hôpitaux,

- Pas de commerces(sauf au quartier musulman)

- La nourriture manque,

- Les écoles sont fermées,

- Couvre feux,

- Des tirs d’armes en continu

Mesdames, Messieurs, la population centrafricaine vit sous la peur car l’insécurité est partout dans le pays. Dans les provinces, les populations sont réfugiées dans leur village par peur d’exaction de la part des éléments incontrôlés, et vivent sans aides des humanitaires.

 

Appel à un rassemblement en solidarité avec le peuple de Centrafrique, pour exiger des mesures humanitaires urgentes sous l'égide de l'ONU, à La Rochelle, CE SAMEDI 11 MAI - R.V. à 10H devant la Médiathèque Michel Crépeau (puis défilé jusqu'à l'Hôtel de Ville)"

 

 

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 09:17

Mariage pour tous, homophobie :

des violences qui mettent la République en ligne de mire

Bars gays saccagés, « chasse à l’homo », organisation systématique d'affrontements avec les forces de l’ordre, prise à partie personnelle des parlementaires, débats publics sabotés… La protestation contre le mariage pour tous, veut faire prévaloir la force sur le débat parlementaire, et sur le respect des engagements pris devant les électeurs. Elle recourt aux pires méthodes, et révèle son mépris du processus démocratique et l’homophobie qu’elle prétendait dissimuler, sous couvert de la « défense des familles ».

La LDH condame avec force cette explosion calculée de violence

La Ligue des droits de l’Homme, qui a toujours soutenu le droit au mariage pour tous et l’adoption, sans considération de l’orientation sexuelle, comme des avancées fortes de l’égalité des droits, condamne avec force cette explosion calculée de violences. S'il est normal que les enjeux de société fassent débat, que les craintes et les refus s’expriment, et que la protestation s'inscrive dans l’espace public, en l’espèce, il s’agit de tout autre chose. Les organisateurs de ces manifestations construisent le cadre idéologique qui légitime les violences perpétrées contre les biens et les personnes. Ils fournissent un espace d’accueil et de rencontre à divers courants politiques et religieux de droite, historiquement marqués par leur haine de l’égalité, de la liberté et de la République. Cette stratégie de montée de la violence s’exprime également au sein de l’Assemblée nationale ; l’opposition marque ainsi son dépit, mais aussi sa disponibilité à des alliances sulfureuses, enjeux électoraux obligent.

 Prendre conscience de l'exaspération de la population 

La Ligue des droits de l’Homme s’inquiète de la conjonction de cette radicalisation avec la fragilisation politique induite par les suites de l’affaire Cahuzac. Elle demande au gouvernement de prendre conscience de l'exaspération de la population, toujours en attente des mesures de justice sociale et de rénovation éternellement remises à plus tard.

Appel de la LDH à la plus grande vigilance

Elle invite le président de la République et le gouvernement à en prendre la juste mesure, et demande aux citoyennes et citoyens de continuer à se mobiliser pour la légalisation du mariage pour tous. Au-delà, la Ligue des droits de l'Homme appelle à la plus grande vigilance face à toutes les provocations visant à affaiblir la République et délégitimer la représentation nationale.

 17 avril 2013

 

 

 

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 09:07

 

On imagine ce qu’aurait fait Balzac d’un Cahuzac, comme hier d’un Eric Besson réincarnant le      « Rubempré » d’« Illusions perdues ». Que la soif de pouvoir expose au cynisme, que la fréquentation des affairistes soit contagieuse, que les promesses de changement collectif puissent se racornir en aventures individuelles misérables, la littérature n’en manque pas d’exemples.

Dans le monde réel, les « affaires » sont aussi vieilles que la République :

de Suez et Panama à l’assassinat du « prince ministre » de Broglie en passant par Stavisky et par la « Garantie foncière », et naguère encore les cigares du sous-ministre Christian Blanc et l’avion privé du sous-ministre Alain Joyandet payés à leur insu par les contribuables, le « ministre trésorier » Eric Woerth dont l’épouse gérait la fortune de Liliane Bettencourt membre du « premier cercle » de financeurs de l’UMP, l’auto-augmentation de 172% du « traitement » présidentiel de Nicolas Sarkozy : de quoi nourrir la réputation exécrable du politique et le désinvestissement citoyen. 

Mais ce que nous vivons aujourd’hui est bien plus grave encore. 

D’abord, avec Tapie hier et Cahuzac aujourd’hui, ce n’est pas seulement le pouvoir qui enrichit : le premier, avant de sympathiser avec Sarkozy et d’être si bien traité par Christine Lagarde, fut ministre de François Mitterrand ; le second, tout en spéculant avec un conseiller de Marine Le Pen, était il y a peu de jours ministre de François Hollande. Or, si le mélange de l’argent et du politique va bien à ceux qui pensent comme Margaret Thatcher qu’« il n’y a pas de société, il n’y a que des individus », de la part de ceux qui parlent égalité, solidarité et justice sociale il est reçu comme une trahison par ceux qui ne s’étaient pas abstenus de voter. Si les promesses des Cahuzac n’engageaient que ceux qui les écoutaient, c’est que la morale de Pasqua a contaminé « l’autre camp ».

Ensuite, la fraude fiscale du ministre du fisc est aussi celle de celui qui, le 7 janvier 2013 à la télévision, était censé imposer l’évidence thatchérienne du « pas d’alternative » à la politique qu’il incarnait. Le site « Nouvel Obs.com » expliquait le lendemain : « C’est la gauche du réel, incarnée par Jérôme Cahuzac, qui s’est imposée […] Un symbole d’une mutation de la gauche […] Jérôme Cahuzac […] a fait remarquer […] qu’il était lui aussi sensible à la souffrance de tous […] le ministre du Budget infligea une leçon de réalisme social et économique […] le monde et sa froide réalité s’imposent » face à des « solutions […] d’un autre temps, inadaptées à la mondialisation » 

La « gauche du réel, incarnée par Jérôme Cahuzac » : le « réel », c’était l’austérité budgétaire pour les électeurs, la fraude et l’enrichissement personnel pour le ministre du budget. Face à une crise sociale qui ne fait que commencer, l’énormité de la duperie a produit, trois mois après, une déflagration politique que la thèse des « errements individuels d’un misérable qui nous a tous trompés » ne peut effacer.

Car la question est de savoir sur quel terreau poussent les Tapie et les Cahuzac.

Placer un affairiste notoire au cœur du gouvernement et de la gestion de l’argent des citoyens, c’est signifier que la « France qui gagne » est celle des Bettencourt, des Woerth et des Cahuzac ; c’est afficher des rapports de complicité spectaculairement « transpartisane » : un ministre socialiste peut jouer au golf avec un proche de Marine Le Pen et lui confier ses capitaux à dissimuler. Le milieu des Cahuzac et des Tapie, c’est cette ambiance dans laquelle il s’agit de prendre au gouvernement des « risquophiles » qui n’ont pas une mentalité de « fonctionnaire », et d’appeler « courageux » des choix ménageant les puissants et non les « assistés ». 

Continuer à juxtaposer un discours sur l’emploi et la justice sociale avec la poursuite d’une politique économique et sociale asservie à une « gouvernance post-démocratique » qui fait monter chômage, précarité et inégalités en Europe, alors qu’on vient de prendre le héraut de cette politique « courageuse » la main dans le pot de confiture de l’enrichissement frauduleux, c’est ouvrir un boulevard à l’extrême droite et encourager le dégoût du politique, le rejet de toute représentation démocratique, le « Tous pourris » et le « Qu’ils s’en aillent tous ! ». Dès lors, le sol se dérobe sous les pas d’un pouvoir confronté à une terrible crise de confiance.

C’est qu’il ne s’agit plus seulement de cigares et de comptes en Suisse, mais de savoir si le politique est autre chose qu’une duperie et si l’on peut attendre de l’exercice du pouvoir non seulement un minimum de moralité mais aussi le respect des valeurs et des engagements affichés. Comment mettre au pas la spéculation en mettant au gouvernement un spéculateur ? Comment donner la priorité à l’égalité, aux droits sociaux des victimes de la crise financière, en prétendant traiter l’injustice et la souffrance sociale par des « chocs de compétitivité » facilitant les licenciements ? Comment démocratiser l’Union européenne en co-gérant la « démocratie conforme aux marchés » (Angela Merkel) sous la houlette de la BCE de Mario Draghi, de la Commission européenne de Jose Manuel Barroso et du FMI de Christine Lagarde ? 

Espérer ne pas avoir à choisir, c’est ignorer que la crise menace indivisiblement la citoyenneté politique et la citoyenneté sociale. Qui détruit la société sans mandat démocratique en Grèce fabrique « Aube dorée » ; qui impose l’austérité injuste par une « union nationale » sans mandat démocratique en Italie récolte Beppe Grillo ; qui prétend traiter l’injustice sociale en renonçant à en finir avec l’injustice fiscale, à en finir avec le recul des droits et des services publics, alors qu’on a reçu mandat de faire le contraire, produit la montée du FN, dans l’Oise et ailleurs, et l’abstention chez ses propres électeurs. 

Ce dont les droits et la démocratie ont besoin...

Ce dont les droits et la démocratie ont besoin, ce n’est pas seulement d’une autre façon de faire de la politique, c’est d’une politique qui prenne au sérieux l’égalité des droits, le progrès social et démocratique. Pour ne pas donner à choisir entre le renoncement au « changement maintenant » et la rage autoritaire, « identitaire » et xénophobe.

Les rendez-vous désormais bien proches, tout particulièrement les élections européennes de 2014, offrent encore une chance de faire la preuve que les slogans électoraux n’étaient pas vides de sens, que la démocratie n’est pas un attrape-gogos, qu’un avenir humain peut se construire ensemble. Mais vraiment, en ces jours de déception et de honte, il n’y a pas une minute à perdre.

Jean-Pierre DUBOIS

Président d'honneur de la LDH nationale 

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 07:40

 

L'ANI vient d'être voté en première lecture à l'Assemblée Nationale. Nous vous proposons, ci-dessous, de trouver 3 informations: la lettre du Président national de la LDH aux Parlementaires, la réponse d'Olivier Falorni, Député de La Rochelle et les votes des députés de Charente-Maritime.

Courrier de la LDH - ANI Courrier de la LDH - ANI

Réponse Olivier FALORNI Réponse Olivier FALORNI 

 

Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi relatif à la sécurisation de l'emploi, vote des députés du département de Charente-Maritime

(voir http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0481.asp) :

Falorni, Olivier 1ère circonscription, député RRDP : Abstention

Tallard, Suzanne 2ème circonscription, députée SRC : Pour

Quéré, Catherine 3ème circonscription, députée SRC : Pour

Bussereau, Dominique 4ème circonscription, député UMP : Abstention

Quentin, Didier 5ème circonscription, député UMP : Abstention

 

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 09:18

Communiqué de la Ligue des droits de l’Homme, de la Fédération nationale de la libre pensée et de la Ligue de l’enseignement. 

Paris, le 2 avril 2013

 Cour de cassation : une application cohérente du principe de laïcité

Il est rare que des décisions juridictionnelles enflamment le débat public et que l’on cherche à faire appel devant le Parlement de ce que le juge a décidé. Ceci impose d’être particulièrement attentif aux deux arrêts que vient de rendre la Cour de Cassation, le 19 mars 2013, l’un à propos du licenciement d’une employée de la CPAM de Seine Saint Denis, l’autre relatif au licenciement d’une salariée de l’association gestionnaire de la crèche Baby loup à Chanteloup-les-Vignes.

Ces arrêts rappellent, à juste titre, que la sphère publique est d’abord soumise à un principe de stricte neutralité confessionnelle. La liberté d’expression des opinions, philosophiques, confessionnelles, etc., ne pouvant, dans la sphère privée, être limitée que pour des raisons précises et justifiées.

*Dans le premier des deux arrêts, la Cour a rejeté un pourvoi en cassation dirigé contre un arrêt de la cour d’appel de Paris qui avait validé le licenciement d’une employée de la caisse primaire d’assurance maladie de Seine-Saint-Denis portant un voile à caractère religieux. La Cour de cassation a considéré que le juge d’appel « a retenu exactement que les principes de neutralité et de laïcité du service public sont applicables à l’ensemble des services publics, y compris lorsque ceux-ci sont assurés par des organismes de droit privé et que, si les dispositions du code du travail ont vocation à s’appliquer [à leurs agents], ces derniers sont toutefois soumis à des contraintes spécifiques résultant du fait qu’ils participent à une mission de service public […] ». Cet arrêt est parfaitement justifié. Les caisses d’assurance maladie gèrent un service public. Leurs agents ne doivent pas afficher leurs options personnelles, philosophiques ou religieuses dans le cadre de leur travail.

*Dans le second arrêt la Cour de cassation a, en revanche, cassé un arrêt de la Cour d’appel de Versailles qui validait le licenciement d’une salariée de l’association gestionnaire de la crèche Baby loup au motif qu’elle venait travailler revêtue d’un voile. La Cour a jugé que « le principe de laïcité instauré par l’article 1er de la Constitution n’est pas applicable aux salariés des employeurs de droit privé qui ne gèrent pas un service public (et) les restrictions à la liberté religieuse doivent être justifiées par la nature de la tâche à accomplir, répondre à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et proportionnée au but recherché ». Ainsi, encourt la critique la disposition du règlement intérieur tendant à « les priver de la protection que leur assurent les dispositions du code du travail », le licenciement étant, par voie de conséquence nul. Cet arrêt est, lui aussi, parfaitement justifié, cette crèche privée n’étant pas chargée d’une mission de service public. C’est la situation générale de toutes les entreprises qui n’ont aucune délégation de service public, dans lesquelles d’éventuelles restrictions ne peuvent être justifiées que pour des raisons d’hygiène ou de sécurité ou propres à l’activité de l’entreprise.

La solution est conforme au droit positif et traduit, assez exactement, la portée habituellement reconnue au principe de laïcité pour peu que l’on accepte de lire l’arrêt dans sa totalité et, notamment, le motif tiré de ce que le règlement intérieur instaurait « une restriction générale et imprécise » à la liberté religieuse. 

C’est donc de façon juste et cohérente que la liberté de conscience des salariés est protégée avec comme limite principale la laïcité intangible du service public. Elle se décline en fonction de la nature des entreprises et non en fonction des options personnelles des employeurs. Une loi d’interdiction générale de port de signes religieux ne prendrait pas en compte la diversité des statuts juridiques et sociaux des établissements, accomplissant une mission de service public, associatif, ou entreprise commerciale… Elle serait vouée, de plus, à être en contradiction avec les traités internationaux signés par notre pays, et avec la constitution.

Profondément attachées à la laïcité, nos organisations s’inquiètent d’une interprétation voire d’un détournement de ce principe de la République qui conduirait, une fois de plus, à favoriser les replis communautaires, à stigmatiser une partie de la population et à en nier la diversité.

 

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