Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 12:19

Lettre ouverte au Président de la République : par le COLLECTIF-Plateforme des 28(*)

Monsieur le Président de la République,

Le 17 janvier 2012, 28 organisations (Associations, Fédérations et Syndicats) s’indignaient de laconstruction programmée de 30 000 places de prison, non-sens à la fois humain, économique etjuridique.

Depuis, l'alternance politique a conduit à :

- l'annonce de l'abandon partiel du plan de construction malgré le fait que plusieurs milliers de places supplémentaires sont maintenues,

- Un discours en rupture avec les politiques passées du « tout carcéral »,

- La tenue d’une conférence de consensus sur « la prévention de la récidive » qui propose unenouvelle politique pénale limitant la référence et le recours à l’emprisonnement.

Nos organisations saluent ces avancées indéniables. Mais ces bons augures ne resteront-ils pas lettre morte si un projet de loi d’envergure à la hauteur de la salutaire rupture annoncée en matière de politique pénale ne devait être proposé rapidement?

Nous, collectif de 28 organisations, issues de la société civile, du monde professionnel, associatif, syndical, cultuel, médical, caritatif et politique, appelons de nos voeux une politique pénale, articulée en amont à une politique sociale de prévention de la délinquance non réductible à la nécessaire prévention de la récidive.

Par leur pratique, nos organisations de terrain constatent que les courtes peines ne font pas baisser la délinquance et creusent les exclusions. C’est pourquoi nous appuyons sans réserve la volonté affichée par la Garde des Sceaux de ne plus faire de l’enfermement la peine de référence. Plus encore, nous soutenons une prise en charge effective de toutes les mesures d’aménagement de peine et une politique en la matière prenant en compte l'individu dans toutes ses dimensions. A ce titre, les mesures de libérations conditionnelles, de semi-liberté et de placements à l’extérieur doivent être développées et dotées d’un accompagnement socio-éducatif.

Nous alertons sur la nécessité de consacrer des moyens à la hauteur des ambitions et perspectives promises par l’introduction dans notre droit d’une « peine de probation » ou « contrainte pénale communautaire ». Au-delà de la chaîne judiciaire, c’est l’ensemble des services publics qui doivent être mobilisés, en complémentarité avec les acteurs de terrain. Pour permettre cette prise en charge individuelle et cet accompagnement interdisciplinaire, une volonté politique explicite et un cadre normatif précis sont indispensables. Faute de quoi, la démarche positive et juste visant à donner du sens à une peine exercée au sein de la communauté risque de se retourner contre ses acteurs, contre les personnes placées sous-main de justice, et finalement contre la société toute entière.

Enfin, il nous paraît essentiel de rappeler à nos gouvernants que les prisons françaises doivent être de taille permettant les relations humaines, favorisant la réinsertion et la proximité souhaitée avec les proches et qu’un établissement de plus de 200 places est générateur de tensions... Or les chantiers en cours ou validés par le gouvernement vont plutôt dans le sens de gros établissements qui rendent encore plus difficile le respect des Règles Pénitentiaires Européennes en matière de taille, de conception des espaces et des lieux géographiques d'implantation. Au nom d’économies d’échelles supposées, la préservation des liens familiaux et de conditions de détention dignes ne doit pas être sacrifiée.

En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à notre démarche, nous vous prions, Monsieur le Président de la République, d’agréer l’expression de notre très haute considération.

Rappel des 28 associations, aumôneries, et syndicats fondateurs de l’appel du 17/01/2012 « Construire 30 000 nouvelles places de prison est un non sens humain économique et juridique » :

Liste des signataires de la présente lettre :

A.C.A.T.(action des chrétiens pour l’abolition de la torture),

A.F.C. (association française de criminologie),

A.S.P.M.P. (association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire),

Aumônerie catholique des prisons,

Aumônerie musulmane des prisons,

Ban Public,

C.G.T. (confédération générale du travail),

Fédération Citoyens et Justice,

La Cimade,

Croix-Rouge française,

F.A.R.A.P.E.J. (fédération des associations reflexion-action et justice),

Genepi (groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées),

L.D.H. (Ligue des droits de l’Homme),

Parole aux familles de détenu(e)s,

Secours Catholique,

S.A.F. (syndicat des avocats de France),

Syndicat de la Magistrature,

S.N.E.P.A.P.-F.S.U.(syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire

Repost 0
Published by LDH LR - dans Justice
commenter cet article
27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 21:03

ADRIAS vous propose une rencontre avec  Aboubacrine AG MOHA, Touareg de Tombouctou
                   
                                                               le jeudi 4 juillet à 18 h 30  
                                                   
                                                Salle de l'Arsenal, Place de l'Arsenal à La Rochelle

Notre ami Abou, accueilli à Bruxelles en ce moment, fera un détour par La Rochelle et nous vous proposons  de le rencontrer lors d’une petite soirée organisée en l’honneur de sa venue..

Depuis le début de la guerre au Mali, Abou et une partie de sa famille sont réfugiés au Burkina. Nous aurons donc la possibilité de l’interroger, notamment,  sur les conditions de vie des exilés maliens et leur avenir.

Par ailleurs, bien que depuis longtemps dans le tourisme malien, dans la hiérarchie de la communauté touareg, Abou est forgeron. De génération en génération, les forgerons, maitres du feu, travaillent notamment les métaux : armes, objets usuels et surtout bijoux en argent. Abou, nous présentera ses créations et peut-être même une démonstration de cet art qui fait la réputation de ce peuple nomade.

Repost 0
Published by LDH LR - dans Libre expression
commenter cet article
18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 09:49

Peut être l'ignorez vous ? mais les événements qui se passent en République Centre Africaine sont très graves pour les populations (meurtres, viols, destructions) et sont en droite ligne des conflits au Mali. Devant cette situation dramatique s'est constitué à La Rochelle un collectif 17 "les oubliés de Centrafrique" .

C'est dans le but de faire connaître cette situation extrêmement conflictuelle et dont les enjeux géostratégiques sont aussi importants que ceux du Mali, que le collectif auquel s'associe le CCFD- Terre Solidaire, propose une

 

Soirée / brunch

A La Rochelle

Salle de l'Arsenal Place Jean-Baptiste Marcet – Centre-ville de La Rochelle.

Lundi 24 juin à partir de 19h30.

Seront présents des témoins Centrafricains et l'intervenant sera Zobel Bahalal (chargé de mission plaidoyer CCFD sur Paix) 

Pour ceux qui voudraient approfondir l’information avant la soirée, je vous joints 2 fichiers

La Nouvelle Centrafrique Home 12 mai.doc

rapports human rights.zip

De plus je vous signale les sites internet qui parlent régulièrement de la Centrafrique

http://www.rfi.fr/tag/republique-centrafricaine

 http://www.bbc.co.uk/afrique/search/?scope=french&q=rca

http://www.dw.de/DWelle_WSSearch/dynamic/search.seam?from=&to=&id=623&structure=623&actionMethod=dynamic%2Fglobalsearch.xhtml%3AglobalSearch.globalSearch&item=rca

http://fr.radiovaticana.va/news/2013/05/02/un_collectif_de_solidarit%C3%A9_pour_la_centrafrique/fr1-688210


Et deux pétitions en ligne sont disponibles
http://www.petitions24.net/lapaixencentrafrique
ET
http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/centrafrique-pour-des-renforts-militaires-n%C3%A9cessaires-%C3%A0-la-protection-de-la-population-civile

Repost 0
Published by LDH LR - dans Conférences
commenter cet article
17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 21:54

 

(29 mai 2013)

L’économie sociale et solidaire (ESS), ce sont 2,4 millions d’emplois dans des coopératives, des mutuelles ou des associations, 10% du PIB et un ministre délégué, Benoît Hamon, qui prépare un projet de loi sur le sujet. Problème : sous prétexte d’ouvrir le secteur à d’autres entrepreneurs, le ministre serait prêt à enterrer l’une des spécificités de l’ESS, la gestion relativement démocratique des entreprises, avec le principe « une personne égale une voix », quelles que soient les responsabilités ou la part de capital de chacun.

Un projet de loi sur l’économie sociale et solidaire sera débattu au Parlement dans quelques mois, pour assurer davantage de reconnaissance à ce secteur – qui représente 10 % du PIB et 2,4 millions d’emplois – et accompagner son développement. A la lecture du projet de loi porté par Benoît Hamon, ministre délégué à l’Economie sociale et solidaire (ESS) et à la Consommation, on reste largement sur sa faim ! On ne sait s’il vaut mieux en rire ou en pleurer...

Comment en effet ne pas applaudir à cette volonté affichée par le ministre d’offrir aux coopératives, aux mutuelles et aux associations une visibilité et une crédibilité qu’elles n’ont plus connues depuis la Libération ? Du temps où le Conseil national de la Résistance affirmait son soutien aux coopératives et aux autres démarches de solidarité et d’intérêt général. Comment ne pas se réjouir que la majeure partie des structures et des mouvements concernés par ce projet ont été consultés depuis six mois ? L’exercice n’est pas facile, tant secteur de l’économie sociale et solidaire recouvre des réalités très diverses.

Mais à parcourir le texte du projet de loi, le lecteur attentif retiendra tout d’abord que le cabinet de Benoît Hamon aura voulu proposer des bouts de réforme, répondant chacun à une revendication de l’un des secteurs concernés. Une pincée de retour aux subventions pour le mouvement associatif, un zeste de facilitation des reprises en coopérative par les salariés, deux cuillères à café d’accompagnement, par l’élargissement de la révision coopérative à toutes les structures (la révision permet aux responsables des coopérative de s’assurer que leurs structures sont restées fidèles aux principes de l’ESS)… Et j’en passe. Ce saupoudrage ne constitue pourtant pas une orientation cohérente de transformation sociale. C’est même l’inverse qui se profile.

Ringarde, la démocratie ?

À force de vouloir contenter tout le monde, l’ancien dirigeant de la gauche du PS fait la part belle aux courants les plus libéraux de l’ESS. Constatant depuis quelques années « un véritable engouement de la part de jeunes créateurs d’entreprise pour un modèle dont l’objectif principal n’est pas l’accumulation de bénéfices et leur distribution », le ministre en déduit qu’il faut leur ouvrir la porte et les inclure dans le champ de l’ESS. La loi va donc intégrer dans le « secteur de l’ESS » des entreprises au statut capitalistique classique mais qui se revendiquent de l’économie sociale et solidaire [1]. Problème : ces jeunes dirigeants pilotent des SA ou SARL, et non des structures avec un mode de gouvernance coopératif et démocratique. D’un côté, c’est l’actionnaire qui décide en fonction de son capital (50% du capital = 50% des voix), de l’autre, ce sont les sociétaires, qu’ils soient investisseurs ou salariés (un homme = une voix, quel que soit le montant du capital placé dans l’entreprise). Conséquence, pointe Benoit Hamon, « le seul principe qu’il ne nous semblait pas possible d’inscrire dans la loi, dès lors qu’il s’agit d’une SA ou d’une SARL, c’est la gouvernance démocratique » [2] ! Ce mode de gouvernance spécifique – et historique – de l’ESS, sera seulement rappelé dans l’exposé des motifs de la loi...

On croit marcher sur la tête lorsque Benoît Hamon va jusqu’à saluer les acteurs « historiques », « qui au départ souhaitaient rester sur le seul périmètre des statuts », seuls garants des principes de l’ESS, « d’avoir fait évoluer leur position pour inclure de "nouveaux entrants". » C’est pourtant exactement le contraire qu’ont défendu jusqu’au bout Patrick Lenancker, président de la confédération générale des SCOP, et Jean-Marc Roirant, secrétaire général de la Ligue de l’enseignement, qui ont réussi à convaincre le très institutionnel Conseil économique, social et environnemental (CESE) que la question de la gouvernance démocratique, à travers les statuts des structures, était centrale.

         Lisez plutôt : « Notre assemblée considère que ce sont les statuts qui définissent le périmètre de l’ESS. Ceux-ci reprennent en effet des valeurs communes (entreprises de personnes et non de capitaux, solidarité entre membres, gouvernance démocratique, impartageabilité de la propriété collective) et spécifiques (non lucrativité pour les associations, les mutuelles et les fondations ; lucrativité encadrée et règlementée pour les coopératives). En conséquence, l’instauration d’un label ou dispositif volontaire de reconnaissance ne présente pas de réel intérêt. » [3]

Une personne = une voix : un principe dépassé ?

Ce positionnement gouvernemental s’explique donc par une volonté d’inclure dans le champ de l’ESS les jeunes gens qui veulent faire carrière dans le social ou l’environnemental. Ceci est louable. Mais est-ce la bonne méthode que de baisser les bras sur les statuts de l’ESS, avant même d’essayer de convaincre ces « nouveaux entrants » de leur utilité ?

Ne soyons pas naïfs. Benoît Hamon adopte le point de vue des dirigeants du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) qui entendent faire de la gouvernance un point secondaire de leurs principes fondateurs. Tout simplement parce que leurs objectifs ne sont pas le changement de système économique, mais la réparation des pires dégâts du capitalisme. Ils en arrivent ainsi à cautionner le greenwashing opéré par les entreprises du CAC 40 ou le social business prôné par le réseau Ashoka, qui incite les jeunes loups à occuper le « marché des besoins sociaux ». Bref, à faire de la pauvreté une terre de conquête économique et financière.

Il n’est pas trop tard pour réagir. Une alliance entre le mouvements coopératif, les réseaux mutualistes et les associations citoyennes permettrait peut-être d’inverser la tendance et de remettre l’intérêt général au cœur de ce projet de loi.

                     [ Voir: L'économie sociale et solidaire en débat le 5 juin ]

Il faut cependant reconnaître que les pistes proposées pour changer les dispositifs de la commande publique à l’égard des acteurs de l’ESS, notamment en augmentant la part des clauses sociales et environnementales dans les appels d’offre, vont dans le bon sens [4]… A condition, une fois de plus, que le parole de toutes les personnes concernées – salariés, usagers et « bénéficiaires », y compris dans le secteur de l’insertion – soit pleinement reconnue.

François Longérinas, directeur d’une coopérative de formation

Notes

[1Ces structures devront inscrire dans leurs statuts des principes de l’ESS, se déclarer « entreprise de l’ESS » au moment de leur création. Elles bénéficieront d’un « agrément solidaire d’utilité sociale » délivré par les Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRRECTE).

[2Source : La Gazette des communes, 26/04/2013.

[3Source : CESE.

[4Actuellement les marchés incluant une clause sociale représent à peine 3 % des appels d’offre.

Repost 0
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 15:38

Daniel Mesguich, Directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, vient de transmettre une lettre ouverte au Président de l'Université de La Rochelle. Un homme de responsabilité, du monde du theâtre. Une réflexion acide, sinon lucide. Une pièce de plus au dossier des polémiques autour de la pièce de théâtre estudiantine à l'Université de La Rochelle. Une analyse qui dit prendre en compte toutes les dimensions du jeu théâtral, mais qui s'appuie sur le seul texte de la pièce.

Le mot est lâché: "interdiction"!

Et le mot est laché: "Directeur (du Conservatoire national supérieur d’art dramatique), je l’aurais, je ne crains pas de le dire, tout simplement interdite, puisque ne pouvant être présentée qu’es-qualité, et engageant mon établissement".

*N'est-ce pas en contradiction avec les termes du "Manifeste pour la liberté de création"?

   Lettre ouverte des responsables du théâtre "Toujours à l'Horizon"

 Et voir après la lettre de M. Mesguich, les positions des membres de l'Observatoire de la liberté de création, transmise aux candidats à la dernière  présidentielle et qui conserve sa plein actualité!

*N'est-ce pas une condamnation implicite des étudiants qui ont contribué à écrire cette pièce et à la jouer, en laissant supposer qu'ils pourraient des étudiants pas clairs, à défaut d'être des neo-nazis. Il est vrai qu'il ne les connaît pas, ne les à pas rencontrés, ni lus, ni eux, ni les responsables du Théâtre "Toujours à l'horizon". Voici l'expression des responsables du Théâtre "Toujours à l'horizon":

    Lettre ouverte des responsables du théâtre "Toujours à l'Horizon"

  Interessant, percutant, mais ... convaincant ? Ou donneur de leçons professorales, voire directoriales, du haut d'un statut professionnel de belle qualité? En tout état de cause, la pièce ne sera pas rejouée à La Rochelle, ainsi en ont décidé les étudiants. La proposition finale de M. Mesquich, dans la veine d'une (auto-)censure, n'est donc pas à l'ordre du jour et ne le serait pas, de toute manière.

    Ne serait-il pas temps de se tourner, ensemble, vers un combat commun, un travail éducatif contre le racisme, l'antisémitisme et l'extrême-droite, ce qu'a proposé notre Section LDH et qu'a accepté le Président de l'Université.

    Nous publions la letttre de M. Daniel Mesguich, pour contribuer à l'information et à la réflexion de nos lecteurs et l'analyse critiqe d'Alfred Knapp, universitaire de La Rochelle.

    Nous rappelons la position de la section rochelaise de la LDH: Une lettre de la section LDH à M. le Président de l'Université de La Rochelle, qui se prononce pour le débat citoyen et contre toute censure.

H.M.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Lettre de M. Daniel Mesguich,

Monsieur le Président,

S’il est certain qu’une pièce de théâtre consiste essentiellement en le spectacle qu’elle présente, non en son seul texte, qui n’en est qu’une partie que, précisément, le travail scénique éclaire, déploie, transforme, s’il est certain que l’humour est, ou devrait être, le dernier mot d’un tel spectacle, et que ne pas lui faire assez confiance, c’est courir le risque de sembler en manquer soi-même (mais je ne crois pas, quant à moi, en être trop dépourvu, ni non plus, je crois, trop ignorer les lois du théâtre en général), je vous dis aujourd’hui, ayant lu Le Rôle de vos enfants dans la reprise économique mondiale, que les étudiants ont présentée à La Rochelle, que je considère cette pièce, comme dégageant – quoique je veuille bien penser pourtant que c’est à l’insu de la plupart de ceux qui l’ont mise en scène et jouée – des relents bien nauséabonds. 

Les Juifs, certes, ne sont pas l’objet principal de ce texte. Ils ne sont ici attaqués et moqués qu’en passant. Mais voilà : c’est précisément cela, l’antisémitisme d’aujourd’hui en France : nous ne sommes plus en 1930, et voudrait-on écrire une pièce résolument antisémite que l’on ne ferait pas, de nos jours, autre chose : un texte pour faire rire, et où les juifs sont, tout naturellement, des banquiers véreux et dangereux, ou encore des chasseurs de tête sans morale aucune et prêts à être achetés d’une liasse de billets.

Homme de théâtre (j’ai monté plus de deux cent spectacles) je n’aurais jamais, je vous le dis, monté une telle pièce. L’antisémitisme latent (puis, finalement, manifeste) n’en aurait pas été – bien que suffisante – la seule raison, d’ailleurs, mais passons. 

Professeur (au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, à l’Ecole normale supérieure de Paris), je n’aurais jamais laissé passer cela, j’aurais discuté, analysé, expliqué, et, je l’espère, convaincu… Directeur (du Conservatoire national supérieur d’art dramatique), je l’aurais, je ne crains pas de le dire, tout simplement interdite, puisque ne pouvant être présentée qu’es-qualité, et engageant mon établissement. Comme j’aurais interdit une pièce qui dénoncerait le viol en montrant, que sais-je, que leur auteur en auraient été tout naturellement des Roms, ou des Arabes, et où les Roms ou les Arabes n’auraient été que cela. 

Car l’on trouve peut-être de par le monde des Juifs comme ce grand banquier immonde, pourquoi pas ? Mais on trouverait aussi de grands banquiers immondes protestants, anglicans, musulmans, etc. 

Eh bien, nous dit-on : il a fallu choisir, et ceux-là sont juifs. 

Ah ces juifs. Avec eux, on ne peut rien dire. Ils nous demandent même de cacher leurs noms, preuve que…etc. Preuve, surtout, qu’ils savent de quoi l’on parle, et qu’ils défendent des valeurs que l’Université de la Rochelle, me semble-t-il, devrait défendre. 

Comme toujours en cette histoire d’antisémitisme, tout est à l’envers : dans la pièce, des juifs en viennent à s’attaquer à des enfants (des nouveau-nés), quand ce sont, dans la réalité, des milliers et des milliers d’enfants juifs qui sont morts assassinés 

Mais c’est de l’humour, nous dit-on. On ne veut que fustiger, par des stéréotypes, la finance sans pitié. Nous savons, pourtant, que l’auteur, Eric Noël, est un néo-nazi bien connu au Canada pour ses opinions, et qu’il s’est entouré d’une poignée de jeunes néo-nazis rochelais pour produire cette pièce…

Non, rassurez-vous cette dernière assertion était de l’humour. J’ai seulement voulu fustiger le néo-nazisme (nul ne peut, n’est-ce pas, nier qu’il existe de ci de là des étudiants néo-nazis)… 

La pièce s’en prendrait aux banquiers et, non, aux juifs. S’en prenant à un banquier juif, il s’en prendrait pourtant vraiment aux banquiers, mais faussement aux juifs ? A qui veut-on faire croire cela ? Ou encore : qui aurait intérêt à le croire ? Si des stéréotypes devaient être « dénoncés », il eut fallu créer un personnage d’antisémite comme il en a été fait du banquier, et non pas faire du banquier lui-même… un juif. 

A moins que les juifs soient plus néfastes et davantage à dénoncer que les antisémites, à vous, monsieur le Président, de vous déterminer. 

On se fait banquier, mais l’on nait juif. Attaquer les uns (encore que cela dépende de la manière, n’est-ce pas) est un combat, attaquer les autres est un racisme. Aucun concept a priori politiquement correct de « liberté d’expression » ne tient devant cette évidence.

Je crains d’ailleurs que les uns, les banquiers internationaux, se moquent éperdument qu’un spectacle d’étudiants à La Rochelle les caricature. Je crains qu’ils ne se remettent bien vite de telles attaques, qui ne changeront rien, hélas, au monde comme il va (j’ai moi-même joué dans Capital de Costa-Gavras, film qui « dénonce » les méthodes de la finance internationale – film coproduit… par des banques. Les banquiers coproducteurs trouvaient qu’on ne les ménageait pas, et ils en souriaient sympathiquement). Je crains, ainsi, qu’il n’en soit pas de même, hélas, pour les autres, les juifs, pour qui toute goutte d’eau au moulin du racisme peut, nous l’avons hélas vu fort récemment encore, être fatale. Je demande à vos étudiants de penser à cette différence fondamentale avant de s’amuser à cette précision de caricature. 

Le théâtre ne pardonne pas, tout y est symbole. Dès qu’on nomme ces banquiers Juifs, les juifs sont autant attaqués que les banquiers.

Maladresse ? Je l’ai d’abord cru. Mais voici qu’en cette pièce, les juifs reviennent, en les personnes de deux rabbins chasseurs de (vieux) nazis qui d’abord ne veulent pas « pardonner » (c’est a priori mal, n’est-ce pas, comme s’il s’agissait d’une quelconque rancune : nulle réflexion sur le pardon, l’oubli, etc.) puis veulent bien cependant, et serrent la main du nazi… contre de l’argent !

 C’est la goutte d’eau. Et voici les auteurs de la pièce dévoilés. Cette deuxième malhabileté n’est plus une malhabileté et fait douter que la première le fut. 

« Dénoncer les stéréotypes » disent les auteurs : des rabbins chasseurs de nazis qu’on achète avec des billets de banque ne sont pas un stéréotype (en connaissez-vous beaucoup, monsieur le Président ?). Mais l’antisémitisme larvé qui préside à l’invention de ce genre de personnages, oui, est un stéréotype. Je croyais qu’il fallait dénoncer les stéréotypes, et non les conforter…

Pour finir, si ce n’est pas là l’intention consciente de la majorité des étudiants entraînés dans cette affaire, si celle-ci est ailleurs, alors il ne couterait rien, n’est-ce pas, d’appeler, dorénavant, la banque « Dupont », et de couper purement et simplement l’infâme court passage des Rabbins véreux, n’est-ce pas ? Pourtant si cela devait demeurer dans les représentations à venir, ah, si cela demeurait, il faudrait en conclure que…

Monsieur le Président, la liberté d’expression a bon dos. 

L’humour a bon dos. 

J’ai même entendu parler à ce propos, ô mon dieu, de Shylock et Shakespeare, ou de Montesquieu !…. 

Président d’une université, il vous appartient de savoir lire ce genre de dérives. Je vous rappelle que l’appel à la haine « raciale », même sous la forme différée d’un dialogue « rigolo » (ou qui se veut tel) est un délit. 

En tant qu’homme de théâtre, et sans aucunement présumer des intentions du metteur en scène, dont je respecte a priori, le travail, je dis que ce texte est infâmant, et dangereux.

A vous de réagir, ou pas. 

Veuillez agréer, monsieur le Président, l’expression de mes salutations les meilleures. 

Paris, le 12 juin 2013 

Daniel Mesguich

Directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Les principes émis par les membres de l'Observatoire de la liberté de création et soumis aux candidats à la dernière présidentielle:

"Elus : vos engagements contre la censure "

Nous, membres de l’Observatoire de la liberté de création, demandons aux candidats et aux partis républicains de s’engager sur les principes suivants. 

*L’œuvre d'art, qu'elle travaille les mots, les sons ou les images, est toujours de l'ordre de la représentation. Elle impose donc par nature une distanciation qui permet de l'accueillir sans la confondre avec la réalité. 

*C'est pourquoi l'artiste est libre de déranger, de provoquer, voire de faire scandale. Et c'est pourquoi son œuvre jouit d'un statut exceptionnel, et ne saurait, sur le plan juridique, faire l'objet du même traitement que le discours qui argumente, qu'il soit scientifique, politique ou journalistique... 

*Il est essentiel pour une démocratie de protéger la liberté de l'artiste contre l'arbitraire de tous les pouvoirs, publics ou privés. Une œuvre est toujours susceptible d'interprétations diverses, et nul ne peut, au nom d'une seule, prétendre intervenir sur le contenu de l’œuvre, en exiger la modification, ou l'interdire. 

Nous vous demandons d’affirmer que le libre accès aux œuvres, au sens de l’article 27 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est un droit fondamental pour le public, et que l’artiste doit pouvoir librement créer, diffuser et accompagner ses œuvres. L'information du public sur le contexte (historique, esthétique, politique…), le débat sur les œuvres, doivent remplacer toute forme d'interdiction, notamment fondée sur la morale ou la religion, ou toute forme de sanction. 

Nous vous demandons d’organiser avec les élus de votre parti des rencontres et des débats, en présence des artistes et des associations concernées, pour favoriser le débat républicain et éviter que des décisions de censure ne soient prises. 

Nous vous demandons de les inviter à respecter les principes suivants : 

Avant de parler d’une œuvre, la voir ou la lire dans son intégralité. Cela paraît simple, mais ce principe éviterait beaucoup de contresens. 

Préserver le sens de l’œuvre du jugement autoritaire, en rappelant que le fond ne va pas sans la forme, et que l’œuvre est par essence polysémique, donc susceptible d’interprétations multiples : aucune ne doit prévaloir sur toutes les autres, ni celle de l’auteur, ni celle du juge, ni celle du responsable politique ou religieux. 

‐ Distinguer, dans une œuvre qui utilise le discours, les propos des personnages, du narrateur, et les propos de l’auteur. 

Préserver un espace critique pour débattre des œuvres : organiser par exemple des débats, quand il y a une demande de censure locale, plutôt que d’y faire droit, et permettre à chacun de s’exprimer. Publier tel texte avec une préface plutôt que d’en interdire la circulation. 

Renforcer l’éducation artistique et l’action culturelle, à l’école et tout au long de la vie : l’art est un médium de débat et de citoyenneté, et chacun doit pouvoir en discuter à égalité.

Les signataires:

Adid, Association du cinéma indépendant pour sa diffusion

Aica-France, section française de l'Association internationale des critiques d'art

ARP, association d'auteurs-réalisateurs-producteurs

Cipac, Fédération des professionnels de l'art contemporain

LDH, Ligue des droits de 'Homme

Ligue de l'enseignement

SGDL, Société des gens de lettre

Snap-CGT, Syndicat national des artistes plasticiens

SRF, société des réalisateurs de films


Contact:

Observatoire de la liberté de création

Ligue des droits de l'Homme

13 Rue Marcadet 75018 Paris

01 56 55 51 07

 communication@ldh-france.org

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Analyse d'Alfred Knapp (Universitaire La Rochelle)

"Je remercie Henri Moulinier pour sa mise au point. Il me paraît en effet que Daniel  Mesguich a abusé, comme le font beaucoup d’autres, de son statut d’expert en arts dramatiques pour peser dans un débat citoyen dans lequel il n’est pas plus qualifié que n’importe quel(le) autre citoyen ou citoyenne de ce pays : celui de la liberté de l’expression artistique. J’y reviens.

Il faut lui concéder que ce n’est pas lui qui a commencé. C’est Michel Goldberg qui – avant de nous présenter la lettre de D. Mesguich – nous fait savoir que ce dernier est « directeur » du « Conservatoire National …. », qu’il « a mis en scène plus de 200 spectacles », qu’il a été « comédien dans d’innombrables pièces… » et qu’il est « auteur d’ouvrages sur le théâtre ». Ensuite, Michel nous invite à nous promener sur la page Wikipedia de l’artiste.

Ce n’est qu’après ces préliminaires que nous avons droit à savoir ce que Daniel Mesguich a à nous dire.

 Cette manière de procéder me surprend, surtout de la part de quelqu’un qui s’est spécialisé depuis plusieurs années sur l’analyse des stratégies d’argumentation – en particulier des stratégies manipulatrices. Une des techniques de manipulation les plus utilisées – Michel Goldberg n’est certainement pas sans le savoir – est celle de l’abus des titres académiques (ou autres) dans le débat  sur des questions de société.

Dans un débat sur une question précise, organisé par une revue scientifique, il paraîtrait curieux – pour ne pas dire légèrement ridicule - de voir les protagonistes faire précéder leurs arguments d’une énumération de leurs titres académiques, le nombre de leurs articles et livres publiés et le renvoi sur la page Web de Wikipédia qui souligne leur notoriété. Ils publient leurs arguments et ajoute l’institution scientifique dans laquelle ils travaillent, c’est tout. C’est le procédé usuel.

Pourquoi donc – avant toute prise de parole - annoncer aux lecteurs et lectrices que la personne qui nous parle est célèbre pour ces nombreuses contributions d’expert ? Quelle est la fonction de cette stratégie d’argumentation ? Attend-on à ce que le lecteur mette son cerveau en état de veille, impressionné par le fait que c’est un TRES GRAND qui lui parle ? Cet abus des « titres d’expertise » me paraît illégitime même si le débat portait effectivement sur le sujet de l’art dramatique. Ce n’est pourtant pas le cas ici.

Quelle est la question centrale ?

Il s’agit de savoir s’il y a une justification pour restreindre la liberté d’expression artistique parce qu’une partie du public considère, sur la base de son interprétation, qu’une œuvre donne lieu à des dérives dangereuses, des « relents nauséabonds » comme le dit Daniel Mesguich, des « atteintes aux sacré », diront les intégristes religieux de tous bords.

Quand, en 2011, les intégristes catholiques ont violemment protesté contre la pièce de théâtre « Sur le concept du visage du fils de Dieu » de Romeo Castelluci, où l'on voit un vieillard incontinent et un fils affrontant la déchéance de son père sous l'image d'un gigantesque Christ, ils l’ont fait – du moins certains parmi eux – sur la base d’un sentiment sincère de blessure. D’autres, comme le maire de Rennes ou encore le Père Nicolas Guillou, n’ont pas eu la même interprétation et parlaient « d’erreur de perspective » de la part des manifestants. Malheureusement, cette pièce a été pris pour prétexte pour mobiliser des centaines de personnes qui n’avaient ni vu ni lu l’œuvre : "Il ne faut pas qu'il y ait une seule représentation sans qu'il y ait des catholiques devant le théâtre pour faire œuvre de réparation. Il s'agit d'une profanation à partir du moment où le visage du Christ est souillé", avait déclaré Alain Escada, secrétaire général de Civitas. Le Père Guillou, qui, lui, été présent à la représentation avait trouvé que le Christ y était "très présent" et qu'il y était avant tout question d'une "humanité qui se pose des questions sur la base de Dieu". (Le Monde.fr, 11.11.2011).

Deux interprétations diamétralement opposées de la part de personnes appartenant à la même famille de croyances religieuses. Il me paraît normal et sain que ces opinions soient exprimées et débattues publiquement. Ce qui ne me paraît pas sain, c’est le fait de mobiliser des centaines de personnes totalement extérieures à ce qui s’est réellement passé sur scène, uniquement sur la base de leur appartenance à la religion catholique. C’est exactement ce qui est passé avec la pièce des étudiants à l’Université de La Rochelle.

Daniel Mesguich, dont la lettre se démarque agréablement des invectives et injures qu’on a pu lire dans certains échanges sur notre forum, souligne « qu’une pièce de théâtre consiste essentiellement en le spectacle qu’elle présente, non en son seul texte, qui n’en est qu’une partie que, précisément, le travail scénique éclaire, déploie, transforme ». Mais par la suite, il s’appuie exclusivement sur le texte écrit pour arriver à la conclusion qu’il s’agit d’une pièce antisémite, en arguant que, en tant que metteur en scène expérimenté, qu’il « ne (croit) pas être trop dépourvu, ni non plus, je crois, trop ignorer les lois du théâtre en général ». Je ne mets pas en doute son art et ses grandes connaissances « des lois du théâtre en général ». Mais ici, il s’agit d’un cas concret. Les étudiants et leurs encadrants affirment qu’ils ont mis en œuvre  suffisamment d’éléments (gestuelles, exagérations grotesques, loufoquerie…) pour permettre d’autres interprétations que celles d’une « incitation à la haine raciale ».  Ils se trompent peut-être. Daniel Mesguich n’aurait « jamais monté cette pièce », dit-il, non seulement en raison de « son antisémitisme manifeste ». Après avoir parlé avec plusieurs personnes qui ont effectivement vu la pièce ainsi qu’avec des personnes directement impliquées dans son écriture, je peux affirmer que rien ne justifie le procès d’intention qui est fait à cette pièce et aux personnes qui l’ont réalisée. Je vous invite à lire à ce propos les contributions publiées sur le site des étudiants auteurs et comédiens. (https://sites.google.com/site/soutientheatreetudiant/home)

Dans mes discussions avec quelques étudiants comédiens/auteurs – je voulais quand même être sûr de ne pas être induit en erreur par des crypto-nazis – il m’est apparu que ce sont de jeunes gens totalement dépourvus de visées antisémites ou de volonté "d'appeler à la haine raciale ». Je connais le travail de la metteure en scène, Claudie Landy, depuis plusieurs années et je l’apprécie – en accord avec un grand nombre de personnes de notre ville - pour justement son engagement contre toute forme de racisme. A moins que Claudie mente depuis des décennies et que les étudiants soient de parfaits simulateurs, je ne vois pas de raison de douter de leur sincérité. Alors, ils ont pu commettre une grave erreur d’appréciation : ils ont peut-être mal agencé tel ou tel passage prêtant ainsi – involontairement, comme le concède aussi Danièl Mesguich- à un malentendu douloureux. A la première discussion avec M. Goldberg, les étudiants, abasourdis et choqués par le reproche d’antisémitisme qu’on leur faisait, ils n’ont pas voulu ou pas pu voir les failles possibles de leur pièce. A la deuxième discussion, c’était trop tard. La machinerie de condamnation par envois massifs de mails à un grand nombre de personnes, à des représentants des autorités, à la présidence de l’université était lancée. Et sur cette initiative s’est greffé une manipulation indigeste d’un très,très petit nombre de personnes dont j’ai du mal à comprendre les motivations, tellement le niveau d’irrationalisme et de haine dogmatique est impressionnant : voulaient-ils utiliser cette affaire pour taper – à bon marché  - sur le président de l'ULR? ont-ils ils quelque chose à gagner quelque part ailleurs, n’ayant aucun rapport avec l’université ? Nous aurions peut-être pu éviter tout ça en organisant dès le début un débat public entre les étudiants, les auteurs, la metteure en scène et le public (et au-delà). C’est ce que j’ai proposé à Michel Goldberg quand il m’a téléphoné pour me demander de le soutenir dans sa demande au président de condamner la pièce (v. ma première contribution sur ce forum). Il n'a pas voulu ce débat, son jugement était fait, la seule issue, pour lui, était la condamnation de la pièce par le président de l'université.

Les étudiants et le (très) jeune auteur québécois qui les accompagnait ont probablement commis des erreurs de maladresse, peut-être graves. Ils ont peut-être commis l’erreur de « se braquer » lors de la première confrontation avec Michel Goldberg, défendant bec et ongles leur conception de « second degré ». Mais la plus grande erreur des étudiants a été de sous-estimer la malhonnetêté de ceux qui prétendent vouloir discuter avec les eux tout en mobilisant un réseau efficace pour la faire «condamner » et la volonté d’instrumentalisation de cette pièce par d’autres à je ne sais quelles fins. 

Qu’il y ait donc  eu des imperfections dans le texte ou la mise en scène, même graves, comme le semble insinuer Daniel Mesguich, je peux le concevoir et je fais confiance au jugement du professionnel qu’il est. Mais là où il franchit « la ligne rouge » selon les mots d’Henri Moulinier, c’est quand il dit qu’en tant que « directeur », il aurait « interdit la pièce » et que le président de l’université de La Rochelle aurait dû en faire autant.

Nous sommes ici sur un terrain où même le plus grand metteur en scène du monde n’est pas plus qualifié que n’importe quel autre citoyen pour mener sa réflexion. Est-il justifié de restreindre la liberté d’expression, et à fortiori la liberté d’expression artistique, pour éviter au public (et les auteurs) d’être victimes de graves blessures ou erreurs, morales ou intellectuelles ? Daniel Mesguich semble répondre par l’affirmative sans fournir un seul argument, sinon celui de son statut de directeur et d’expert en art dramatique. Pour ma part, je suis en total désaccord avec cette position. Comme l’ont souligné les philosophes des Lumières, c’est justement pour permettre au grand public de « penser par lui-même » et d’être « majeurs dans l’exercice de leur faculté de jugement » qu’il faut permettre aux idées de circuler le plus librement que possible, qu’elles soient justes ou fausses, bonnes, mauvaises ou même exécrables. L’histoire des sciences nous fournit un exemple édifiant : ce n’est qu’à partir du moment que les sciences se sont libérées du carcan des autorités religieuses qu’elles ont pu faire les progrès fulgurants de ces derniers siècles. Cela n’a pas empêché les erreurs, loin s’en faut, mais la libre circulation de ces « erreurs » a permis à la communauté scientifique (et au public éclairé) de détecter plus vite les failles dans les raisonnements ou les expériences - et à les corriger.

Dans le domaine des problèmes de société, les choses ne sont pas différentes – ou ne devraient pas l’être. Le débat sur la peine de mort ne gagnerait rien si on interdisait aux gens de s’exprimer pour ou contre ce châtiment. Et ce ne sont pas les titres académiques qui devraient jouer un rôle dans ce débat. Si Robert Badinter a réussi a convaincre, ce n’est pas – je l’espère – parce qu’il est un brillant avocat ayant plaidé de manière magistrale des centaines de cas, mais parce que ses arguments pour l'abolition de la peine capitale avaient une grande cohérence intellectuelle et qu’ils témoignaient au moins d’une aussi grande valeur et rigueur morale. Que vaudrait ma conviction si elle était surtout basée sur mon respect devant l’expertise juridique de « l’éminent avocat Badinter » devenu ministre? Pas grand’chose. Il suffirait qu’arrive sur scène un avocat encore plus célèbre, encore plus adulé par ses pairs et le grand public, argumentant en faveur de la peine de mort pour me faire basculer dans le camp des partisans de M. Le Pen, du moins au sujet du retour de la guillotine.

Malheureusement, dans le domaine des approches politiques et culturelles du monde dans lequel nous vivons, la libre circulation  des idées est sérieusement entravée un peut partout dans le monde. Dans les régimes totalitaires comme l’URSS ou sous le nazisme, c’était l’interdiction tout court, la liquidation physique et/ou le traitement psychiatrique des « déviants ». Dans les sociétés démocratiques, c’est la concentration gigantesque de la propriété des média qui fait que certaines idées inondent jour pour jour le grand public tandis que d’autres approches, alternatives et parfois d'un très grand intérêt pour la société, se trouvent totalement marginalisées – par le simple jeu de quelques « filtres » économiques et institutionnels. L’appel à l’interdiction et au traitement par les tribunaux, de l’expression d’opinions jugées « dangereuses » ou « inacceptables » est heureusement totalement banni des sciences plus avancées. Il joue malheureusement un rôle non négligeable dans le débat politique, historique et artistique.

Cependant, un autre facteur n’est pas négligeable – et il est grand temps de s’en débarrasser, d’autant plus que la tâche est facile - il suffit de simplement laisser tomber une pratique à laquelle le monde intellectuel participe trop activement : c’est cet abus dont je parle, du statut « d’expert », de « scientifique », de « personnalité publique » dans les débats de société – que ce soit la liberté d’expression, la peine de mort, le principe de précaution en matière d’environnement et j’en passe. En essayant d’impressionner les gens par le poids de nos « titres » et nos accréditations institutionnelles, académiques et médiatiques, nous ne faisons rien d’autre que de les empêcher ou du moins freiner dans le libre exercice de leur faculté de réfléchir et de juger.

Si Daniel Mesguich apostrophe Gérard Blanchard en lui indiquant que « l’appel à la haine raciale », même sous la forme différée d’un dialogue « rigolo » (ou qui se veut tel) est un délit », il lui reste une chose à faire : qu’il porte plainte pour que la justice se prononce. Mais nous revoilà à la question centrale : en quoi un juge est-il plus qualifié que M.Blanchard, M.Goldberg ou n’importe quel membre de notre communauté de statuer sur les « propos d’un protagoniste dans un pièce de théâtre » qui ne sont jamais à identifier à priori avec les opinions de l’auteur ?  Dans le traitement de la polémique autour de la pièce de théâtre des étudiants, le président de l’Université de La Rochelle, Gérard Blanchard, a agi – à mon avis - dans la meilleure tradition du libéralisme politique, jugeant que ce n’est pas le rôle des autorités administratives de notre établissement d’intervenir dans le contenu d’une création artistique. L’ULR a été injustement accusée d’être un lieu où « l’antisémitisme a de nouveau pignon sur rue ». Je pense que nous devrons nous défendre collectivement et publiquement si la manipulation du public par la diffusion de versions extrêmement atrophiées de la pièce, par des menaces et injures par mail, les envois de colis remplis d’excréments (à la metteure en scène et peut-être bientôt à d’autres) continuent d’empoisonner la vie de plus en plus de personnes de notre communauté universitaire (et bien au-delà). 

Alfred Knapp - Maître de conférences 

 Directeur du CIEL

Centre Inter-Pôles de l'Enseignement des Langues
tel.: (0033) (0)5 46 50 72 28
courriel: aknapp@univ-lr.fr

 

Repost 0
Published by LDH LR - dans Libre expression
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 08:15

      Communiqué LDH

Paris, le 18 juin 2013

 

 

Manifestations des 22 et 23 juin

En mémoire de Clément Méric, refusons toute banalisation

du nationalisme, du racisme et de la xénophobie

Le 5 juin, Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste, a été victime d’un meurtre à Paris, commis à raison de ses convictions politiques. Cet acte, qui s’inscrit dans la suite de trop nombreuses agressions commises par des groupes d’extrême droite, ces derniers mois, est insupportable. 

Il confirme tragiquement l’urgence à s’opposer à ces exactions et aux idéologies qui en favorisent, de près ou de loin, la banalisation et le développement. L’explosion de discours haineux à l’encontre des étrangers, des Roms, des musulmans, l’avalanche de propos mensongers et agressifs lors des débats sur le projet de loi du mariage pour tous, témoignent d’une montée de l’intolérance, du racisme et de la peur, dont on sait qu’ils sont facilement instrumentalisés par la violence. 

Dans le même temps, confrontée aux difficultés sociales et aux déceptions politiques, une large partie de l’électorat de gauche se réfugie dans l’abstention, renvoyant de fait les partis dos à dos, ce qui favorise les candidats du Front national et incite une partie de la droite dite républicaine à converger avec leurs thématiques.

Il y a urgence à porter un coup d’arrêt à ces calculs dangereux.

Il y a urgence à s’opposer à toute politique publique pouvant légitimer, de près ou de loin, des visions xénophobes et racistes. C’est bien en réaffirmant concrètement les droits des citoyens français, des étrangers, des migrants, des Roms et de tous ceux qui sont tenus en lisière des droits fondamentaux, qu’il est possible de rassembler largement contre les périls montants. Car ces droits sont, de façon indivisible, ceux qui fondent la République fraternelle, égale et libre. 

C’est sur ces bases que la Ligue des droits de l’Homme appelle les habitants, les résidents, les citoyennes et citoyens à participer aux manifestations qui se tiendront les 22 et 23 juin, à Paris et en France.

 °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Communiqué LDH

Paris, le 12 juin 2013 

Ensemble, s’opposer aux extrêmes droites

Le 5 juin, Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste, a été assassiné à Paris. La Ligue des droits de l’Homme a dénoncé ce meurtre commis à raison des convictions politiques du jeune homme. Cet acte s’inscrit dans la suite de trop nombreuses agressions commises par des groupes d’extrême droite, ces derniers mois, et qui sont allés cette fois-ci jusqu’à la mort. 

La Ligue des droits de l’Homme réitère toutes ses condoléances à la famille et aux amis de Clément Méric, et demande aux autorités de faire toute la lumière sur ces actes afin que leurs auteurs soient condamnés.

Au-delà, il est urgent de porter un coup d’arrêt à ces exactions et aux idées qui en favorisent de près ou de loin le développement. La radicalisation publique et « désinhibée » des droites extrêmes s'inscrit dans un contexte, marqué depuis plusieurs mois par des discours haineux et une véritable avalanche de propos mensongers et agressifs, ne reculant pas devant la désignation de « cibles » à l'occasion de l'adoption de la loi sur le mariage pour tous. Cette agressivité revendiquée est elle-même le fruit d'une dynamique de rapprochement entre l'extrême droite et la droite dite classique.

L’assassinat de Clément Méric n’est pas un fait isolé.

Agressions racistes, homophobes, sexistes, violences progressent en France comme dans toute l’Europe. Le mensonge, la haine, la violence, la mort sont les marques de l’extrême droite, de tous temps et en tous lieux. L'extrême droite s'appuie, pour se légitimer, sur les peurs nées du chômage, de la pauvreté, de l'explosion des inégalités et de la précarité.

Elle se réclame d'une pseudo-opposition à ces phénomènes pour renouer avec ses vieux démons et désigner les boucs émissaires qu'elle a toujours stigmatisés pour semer la haine : étrangers ou soi-disant tels, immigrés, avec ou sans papiers, homosexuels, juifs et francs-maçons... 

Il est d'autant plus important, dans ce contexte, de réaffirmer notre refus ferme de toute politique publique pouvant légitimer, de près ou de loin, ces visions xénophobes et racistes. C'est bien en réaffirmant concrètement les droits des étrangers, des migrants, des Roms et de tous ceux qui sont tenus en lisière des droits fondamentaux, qu'il est possible de rassembler largement contre les périls montants. Car ces droits sont, de façon indivisibles, ceux qui fondent la République telle que nous l'aimons : fraternelle, égale et libre.

C'est dans la perspective d'un tel rassemblement que la Ligue des droits de l'Homme, avec les habitants, les résidents, les citoyens, continuera à défendre les libertés et tous les droits partout et pour tous, et à agir pour une société de solidarité. C'est dans cet esprit qu'elle appelle les citoyennes et citoyens à manifester leur solidarité, leur vigilance et leurs mobilisations.

 

Repost 0
10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 10:13

Nous publions le communiqué du Snes Sup national à propos de la pièce de théâtre jouée par des étudiants de l'Université de La Rochelle et la réaction du Théâtre "Toujours à l'horizon".

Un contexte national inquiétant, mais la juxtaposition dans une même analyse nationale du crime odieux contre un étudiant parisien et de cette pièce de théâtre rochelaise est-elle justifiée ? Voici le communiqué du Snes Sup - Fsu rochelais et la réaction de l'équipe du Théâtre "Toujours à l'horizon". Pour la réflexion de chacune et de chacun. Sue ce blog, d'autres réactions, dont celle de notre section LDH rochelaise.

La LDH locale a voulu, quant à elle, rassembler pour porter le débat citoyen, contre la racisme, les discriminations et l'extrême-droite. Voir sa lettre au Président de l'Université de La Rochelle et la réponse de celui-ci:  Une lettre de la section LDH à M. le Président de l'Université de La Rochelle

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Lien avec le nouveau site ouvert par des étudiants acteurs de la pièce de théâtre jouée à l'Université de La Rochelle:

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Communiqué du Snes Sup - Fsu national

Vigilance citoyenne et coup d’arrêt à toute forme de racisme et d’antisémitisme

Une série de voies de fait et de propos relevant du racisme ordinaire, notamment antisémite, viennent souligner, y compris dans l’ESR, la persistance d’agressions inacceptables et blessantes pour tous, audelà des personnes ou catégories directement visées. Ces faits montrent que la vigilance s’impose contre toutes les menées nationalistes, racistes et antisémites, que leurs auteurs soient anonymes ou désignés, qu’ils assument les messages en cause, ou qu’ils en relativisent la portée. L’actualité vient de le confirmer tragiquement avec l’assassinat du jeune Clément Méric par des membres d’un groupe fasciste à Paris. Aucune banalisation des idées de l’extrême droite ne doit être tolérée.

De tels faits sont survenus notamment au Centre d’Assas (cf. Paris 2) en Mars 2013 à l’encontre de l’association UEJF dont le local a été marqué de croix gammées. On sait qu’une organisation étudiante d’extrême droite y sévit périodiquement depuis des décennies.

En Mai 2013, une pièce de théâtre écrite et jouée à l’Université de La Rochelle a été jugée antisémite par la Ligue des Droits de l’Homme (Section LDH La Rochelle-Aunis) qui s’est adressée publiquement au Président de l’Université. Elle déplore un scénario et des dialogues construits autour du personnage central « Richard Goldberg, riche homme d’affaire juif » ; les Goldberg sont montrés comme des calculateurs obsédés par l’argent, et leurs personnages diffèrent peu des caricatures de juifs typiques des années 40. Cette pièce joue sur des stéréotypes antisémites insupportables, tels que « les Juifs aiment l'argent », « les Juifs s'enrichissent sur le dos du reste de la population », ou « les Juifs complotent en attendant sournoisement leur heure pour agir au grand jour ». Elle évoque en outre de façon insultante la Shoah.

Le fait d’utiliser le stéréotype du "banquier juif " n’est pas neutre et peut alimenter, de manière consciente ou non, un racisme et un antisémitisme ambiants dans l’actuel contexte social et politique, au risque de faire le lit de l’extrême droite. Pour la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), la pièce ne fait " qu'aligner et enfiler les préjugés les uns derrière les autres et cela sans aucune distance", et est clairement antisémite.

La liberté de création ne va pas sans esprit de responsabilité, sans faire vivre des valeurs humanistes de tolérance mutuelle, de fraternité, de solidarité, d’antiracisme. Un devoir de mémoire est aussi nécessaire. Le contenu d’une telle pièce aurait dû conduire à opposer un refus au projet d’en faire un évènement de l’Université. Ce déplorable évènement conduit à appeler chacun à ses responsabilités dans le respect intransigeant des valeurs du vivre-ensemble.

Enfin, diverses formes de xénophobie et de racisme, notamment anti-arabe, anti-Roms ou dirigé contre des personnes du fait de leurs convictions ou de leur orientation sexuelle, se manifestent de façon décomplexée et inquiétante, sachant que ces phénomènes alimentent des formes d’exclusion et des violences liberticides, et qu’ils occultent les vraies responsabilités de l’actuelle crise économique et sociale aggravée.

Comme il le fait depuis son origine, et comme l’exige l’actuelle période avec la banalisation de slogans haineux et la résurgence d’une violence à caractère fasciste, le SNESUP-FSU appelle les collègues, tous les personnels et les étudiants, à exercer ensemble un devoir de vigilance et d’intervention citoyenne sans aucune concession contre toute forme de xénophobie, d’homophobie, de racisme et d’antisémitisme.

Paris, le Vendredi 7 Juin 2013

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Droit de réponse de l'association du théâtre "Toujours à l'Horizon" de La Rochelle: 

L'association du théâtre "Toujours à l'Horizon" est profondément choquée par le communiqué de presse du SNESUP-FSU envoyé le 7 juin 2013 sur le forum de l'université de La Rochelle.

Nous regrettons que ce communiqué ait été rédigé et envoyé par une personne du groupe "Droits et Libertés" du SNESUP n'ayant pas pris le temps de rencontrer toutes les personnes impliquées dans ce projet étudiant. 

L'association du théâtre condamne sans appel le meurtre du jeune étudiant militant perpétré par les membres d'un groupe d'extrême-droite à Paris. La mise en parallèle de la pièce écrite et jouée par des étudiants de l'université de La Rochelle en avril dernier et ce crime abominable est proprement indigne et insupportable. 

Le but de cette pièce, écrite par des apprentis-écrivains, n'a jamais été de stigmatiser une communauté quelle qu'elle soit, mais de dénoncer le monde financier devenu cynique et incontrôlable. Certes, le texte comporte des maladresses qui ont conduit un spectateur sur 450 à l'interpréter comme étant antisémite. L'association déplore et regrette ces malentendus consternants qui ont amené des réactions extrêmement violentes à l'encontre du théâtre et de tous ses partenaires. 

Le théâtre, la metteure en scène et les auteurs se réservent le droit d'éventuellement entamer des poursuites judiciaires contre le SNESUP.   

L'association du théâtre "Toujours à l'Horizon"

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

La motion du Snesup-Fsu de l'Université de La Rochelle

Les camarades de la section de l’Université de La Rochelle tiennent à désavouer publiquement le texte  du communiqué  du SNESUP-FSU intitulé ‘Vigilance citoyenne et  coup d’arrêt à toute forme de racisme et d’antisémitisme’ et diffusé sur le site de notre syndicat le 7 juin.

En publiant ce texte, le responsable du Secteur ’ Droits et Libertés’ est passé outre la décision prise en réunion de section le lundi 3 juin de ne pas diffuser de communiqué sur la question de la pièce ‘Sur le rôle des enfants dans la reprise économique mondiale’. Le message de soutien du SNESUP  du 23 mai à l’initiative de la section rochelaise de la LDH, relayé par son président sur le forum de l’Université de La Rochelle, a alors semblé à une majorité de camarades  suffisant pour traduire  l’opinion générale au sein de la section. Les débats qui ont été menés à l'Université et au sein de la section SNESUP de l'ULR ont déjà largement souligné les maladresses de cette pièce et les retombées négatives de sa médiatisation. C’est pourquoi il est inadmissible que la direction nationale du SNESUP  ait pu avaliser un communiqué sans avoir au préalable pris contact avec le responsable de section  ou pris  langue avec le bureau de la FSU départementale qui n’ignorait rien de l’affaire et qui, depuis, a d’ailleurs apporté son soutien au secrétaire de section de l’ULR.

Les camarades condamnent l’amalgame insupportable qui est fait dans le texte ‘Vigilance citoyenne’ entre le meurtre d’un jeune militant antifasciste et la création artistique incriminée. De plus ce communiqué jette le discrédit sur l’Université de La Rochelle en sous-entendant que par leur silence ses personnels et ses étudiants sont complices  d’antisémitisme.[...].

Cette motion a été votée par 19 voix pour, 0 contre, 1 abstention et 1 NPPV

 °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by LDH LR - dans Actualité
commenter cet article
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 20:06

La LDH parisienne appelait à manifester contre l'agression de Clément. La LDH rochelaise soutient cette démarche de lutte contre l'extrême-droite, comme elle le fait à l'Université de La Rochelle. Une manifestation a lieu à La Rochelle ce Samedi 8 Juin à 18h Place de Verdun, à l'iniiative de l'UNL, de l'Unef, des Jeunes du MJS et de la JC. 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Veuillez trouver ci-dessous un lien vers une vidéo du discours prononcé par Pierre Tartakowsky, président de la LDH, à l’occasion du rassemblement de jeudi 6 juin 2013, à Paris, devant la fontaine Saint-Michel, en hommage à Clément Méric, assassiné par des skinheads mercredi dernier et en protestation contre la montée de la violence.

Lien Vimeo : http://vimeo.com/67908501

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Fédération de Paris de la Ligue des droits de l'Homme
fedeparis@ldh-france.org
40 rue de Malte, 75 011 Paris

Les ligueurs parisiens ont appris avec effroi la nouvelle de l’agression de Clément, militant syndical étudiant, battu à mort en plein jour dans les rues de Paris par des membres d’un groupuscule d’extrême droite. 

Cette agression vient après les insupportables manifestations que nous avons connues à propos du mariage pour tous et qui ont vu l’extrême droite occuper l’espace politique. Las, les inquiétudes de la Ligue des droits de l’Homme dénonçant un discours haineux se sont avérées exactes : après les mots viennent les actes. Les responsables sont donc aussi à chercher du côté de ceux qui propagent un discours contraire aux valeurs de la République.

Fer de lance du combat antifasciste dès sa création, comme en témoigne le rôle de la Ligue et de son président Victor Basch, dans les années 30, dans le rassemblement de toutes les forces démocratiques et progressistes dans la lutte contre le fascisme, la Ligue des droits de l’Homme n’a depuis jamais cessé de s’engager contre les groupuscules d’extrême-droite.

Aujourd’hui plus que jamais, elle reste mobilisée et appelle les ligueurs et l’ensemble des citoyens à se retrouver en mémoire de Clément ce Jeudi 6 juin à 18h30 devant la fontaine Saint Michel à Paris (M° ligne 4, RER C).

Julien Molesin

Président de la Fédération LDH de Paris

 

Repost 0
Published by LDH LR - dans Actualité
commenter cet article
4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 15:18

      Le débat autour de la pièce de théâtre écrite avec des étudiants de l'Université de La Rochelle et jouée par eux continue de faire l'objet de points de vue différents, qui peuvent être très opposés. La Section LDH a publié un texte d'analyse et de proposition qui est sur ce site, et la réponse du Président de l'Université:  Une lettre de la section LDH à M. le Président de l'Université de La Rochelle

      Nous vous proposons de trouver ci-dessous le point de vue de l'équipe dirigeante du Théâtre "Toujours à l'horizon", la référence au Manifeste de l'Observatoire de la liberté de création (co-signé en 2003 par la LDH nationale) et le lien avec le site créé par Michel Goldberg, Maître de Conférences à l'Université de La Rochelle,qui dénonce le "caractère antisémite" du texte de la pièce.

     Manière de donner à voir les différentes positions. La Section LDH de La Rochelle-Aunis souhaite, par delà cette polémique, que le débat citoyen ait lieu sur les question du récisme, de la montée des idées d'extrême-droite, autour d'initiatives culturelles favorisant le débat citoyen, proposition reprise par. le Président de l'Université de La Rochelle.

Henri Moulinier

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Lettre ouverte des responsables du Théâtre "Toujours à l'horizon":

Nous avons décidé d’écrire une lettre ouverte contre la censure et pour la liberté d’expression. 

Le théâtre « Toujours à l’Horizon », qui s’est implanté dans le port de La Pallice dans le but d’articuler la découverte de textes modernes et contemporains avec un travail de mémoire du quartier, a toujours eu la résistance et la défense de valeurs humanistes et collectives pour mots d’ordre. Pour preuve les textes portés par l’équipe artistique professionnelle et amateur : Kafka, Duras, Durif, Koltès, O’Casey, Behan, Tchékov, Keen etc. Des œuvres exigeantes suscitant le questionnement de certaines orientations sociales et politiques de nos sociétés occidentales.

La pièce écrite par 6 étudiants, sous la conduite d’Eric Noël, auteur Québécois en résidence au Centre Intermondes, est le fruit d’un atelier libre d’expression. Cette pièce intitulée « Une pièce sur le rôle de vos enfants dans la reprise économique mondiale » a fait l’objet de 5 représentations au théâtre Toujours à l'Horizon du 3 au 7 avril 2013. Un premier débat avec les auteurs a été organisé à l’issue d’une représentation, comme nous le faisons chaque année. 

Le but de cette pièce n’était en aucun cas de choquer ou de blesser une communauté, qu’elle soit américaine, italienne, juive, chinoise, allemande ou québécoise. Certes, de nombreux clichés et allusions moqueuses à ces communautés sont présentes dans le texte, et nous concevons que ce type d’ « humour qui dénonce », comme le dit un des personnages de la pièce p.89, puisse être dérangeant pour certaines personnes.

 Mais dans ce texte, écrit par des apprentis-écrivains, des précautions ont été prises pour que les spectateurs comprennent bien qu’il s’agissait de deuxième degré et de nombreux décrochages sont présents, c’est-à-dire que les personnages jouent avec les codes du théâtre, « sortent » de la pièce et se mettent en rapport direct avec le public, comme pour nous avertir et nous dire : « Regardez ce qui se passe là ».

Desproges disait « on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ». On ne peut pas forcer les gens à apprécier certains types d’humour, mais on ne peut pas les forcer non plus à les condamner. Il faut comprendre cette génération biberonnée à l’humour sarcastique, décalé, voire provocateur et déconcertant pour certains, de Canal+, et ne voir dans leurs moqueries qu’une façon de contrer le désespoir que le monde d’aujourd’hui peut leur renvoyer. On reproche parfois à la jeune génération de ne pas être engagée, mais leur texte dénonce le monde financier devenu totalement fou et cynique, la corruption des puissants, et défend un monde où la valeur est l’humain et non le capital.

Il est faux de dire que rien n’a été fait. Depuis les quelques réactions hostiles qu’ont provoqué ce texte chez un spectateur sur environ 450, et quelques lecteurs, qui n’ont souvent lu que les passages soulignés en rouge et les explications de texte fournis par le principal détracteur, deux réunions ont eu lieu pour engager un dialogue constructif et pédagogique.

La première a eu lieu le 3 mai à l’initiative du Président de l’Université de La Rochelle avec toutes les parties concernées, puis une autre le 15 mai au théâtre « Toujours à l’Horizon » pour soutenir les divers partenaires (théâtre, centre intermondes et université), et en particulier les étudiants très choqués par la violence des propos à leur encontre. Le 15, tous ont pu dialoguer avec des personnes issues de diverses communautés, y compris juives, et divers milieux professionnels (principalement artistes et enseignants). 

Enfin, nous tenons à préciser que la pièce est écrite, jouée et mise en scène dans un processus de distanciation. De nombreux auteurs, metteurs en scène, comédiens utilisent la distanciation depuis Bertolt Brecht. Cette distanciation nous place dans un sens critique et déjoue les pièges d’une psychologie au premier degré.

Encore une fois, il ne faut pas confondre les propos des personnages et le sens de la pièce.

Faut-il condamner Bruno Ganz et Charlie Chaplin d’avoir interprété Hitler ?

Faut-il condamner Molière de nous avoir montré un Don Juan qui défit la Terre entière ?

« Il est essentiel pour une démocratie de protéger la liberté de l’artiste contre l’arbitraire de tous les pouvoirs, publics ou privés. Une œuvre est toujours susceptible d’interprétations diverses, et nul ne peut, au nom d’une seule, prétendre intervenir sur le contenu de l’œuvre, en demander la modification, ou l’interdire » .

Extrait du manifeste de l’Observatoire de la liberté de création publié en mars 2003 dans Les Inrockuptibles, La Quinzaine Littéraire et Politis (voir les signataires sur le site http://www.ldh-france.org/-Le-Manifeste-.html)

Le bureau de l’association du théâtre « Toujours à l’Horizon »

Claudie Landy, Metteure en scène du théâtre Toujours à l'Horizon

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Site créé par Michel Golberg, Maître de Conférence à l'Université de La Rochelle,

qui a mis en cause le caractère antisémite de la pièce de théâtre:

https://sites.google.com/site/atelierecriturelarochelle/


Et un article de Mariane du 6 juin 2013

Antisémitisme sur scène à La Rochelle

 

   Guy Konopnicki

 

Capture d'écran de la page Théåtre et écriture de plateau du site de l'Université de la Rochelle « Hitler a déshonoré l’antisémitisme », écrivait Georges Bernanos après avoir rompu avec l’engagement maurrassien de sa jeunesse, pour s’opposer radicalement au fascisme. 

Or dans la très honorable Université de la Rochelle, des étudiants, encadrés par un honorable enseignant et par un atelier théâtre non moins honorable, ont écrit et joué une pièce dont l’objet était de décrire et de combattre la mondialisation.  Projet honorable, décidément… 

Sans doute par un fâcheux hasard, la mondialisation s’incarne en une entreprise familiale, l’entreprise Goldberg, toute puissante et sans scrupule. L’argent mondialisé, c’est naturellement le juif. Ce premier stéréotype ne suffisant pas, la multinationale Goldberg and Co décide d’investir sur l’avenir, en spéculant sur les enfants mis au monde. 

Le juif, porteur de la souillure de l’argent, pousse l’esprit de lucre jusqu’à s’emparer du symbole même de l’innocence, l’enfant à naître. La plus ancienne des superstitions antisémites trouve ici une version moderne. Car cette spéculation sur l’enfant n’est rien d’autre que la résurgence du crime rituel. 

Dans l’Allemagne du Moyen-Age et dans les tréfonds de l’Ukraine des paysans illettrés et gorgés de vodka, on imaginait le juif immolant des enfants innocents. A l’Université de la Rochelle, au XXIe siècle, ce même juif investit sur les enfants nouveau-nés, pour les endetter à vie, transformer les génération à venir en biens hypothéqués à son profit. 

Sur scène, l’entreprise Goldberg est incarnée par une mégère, laide, cupide, autoritaire et sale. Marta Goldberg domine le monde, elle vocifère, commande, calcule, insulte et condamne. Et de s’écrier : « Je suis partout chez moi ! » 

C’est connu, les juifs sont partout, s’insinuent et pourrissent le monde pour mieux le dominer. On croirait relire le Céline des pamphlets s’il y avait le moindre soupçon de talent chez les auteurs de ce texte, pour tout dire aussi affligeant par la platitude du style que par l’immonde bêtise du propos. 

Comme il ne suffisait pas de cette entreprise Goldberg et de son immonde patronne, apparaissent sur scène deux personnages grimés en juifs religieux. Dieudonné n’est pas très loin… Ces deux « rabbins », sont nommés Cohen 1 et Cohen 2, ils sont chasseurs de nazis. 

Bien sûr, on leur demande, en appelant le gros rire du public, s’il est bien raisonnable de poursuivre encore les nazis et d’être obsédés par une si vieille histoire… Mais ce n’est pas tout. Les voici accusés de vivre du « shoah bisness », terme utilisé sur tous les sites antisémites et négationnistes et amplifié jusqu’à l’obscénité par Dieudonné. 

Ces Cohen 1 et 2 poursuivent un ancien nazi, doublé d’un mauvais cuistot planqué dans un restaurant. Un personnage leur demande de cesser de harceler ce vieillard. Les Cohen  refusent… jusqu’au moment où il se voit proposer une grosse liasse de billets.

Effet comique garanti, quand la main du juif, corrompue par l’argent, serre celle du nazi, pardonné au comptant. C’est au moins aussi drôle qu’un calembour de Le Pen sur les fours crématoires. 

Pour une bonne liasse de billets un juif peut tout pardonner, même le nazisme. Le texte, déjà sidérant de bêtise, atteint les sommets de l’abjection antisémite.

Pourtant lorsqu’un enseignant alerte le président de l’Université de La Rochelle, tout le monde semble surpris de sa réaction. Les étudiants ont été aidé, pour l’écriture, par un enseignant canadien, Eric Noël et pour la mise en scène par l’Atelier théâtre de Claudie Landy, qui jusque-là, nous avait habitués à mieux. 

Ce serait du second degré ! La lecture de la pièce dément cette interprétation. Autant prétendre que l’on peut jouer « au second degré », les Protocoles des Sages de Sion ! 

L’enseignant inquiet, Michel Goldberg, maître de conférence à l’Université de la Rochelle serait donc liberticide… Ne peut-on, innocemment, plaisanter sur le juif ? 

Le pire, c’est que les étudiants sont peut-être de bonne foi. Ils ont aligné, sans les comprendre, les pires stéréotypes antisémites. Leur méconnaissance de l’histoire, leur ignorance crasse du judaïsme, réduit à des clichés insanes, témoigne surtout du désastre scolaire et universitaire. 

On comprend que le président de l’Université de La Rochelle cherche à minimiser l’incident, en affirmant que le caractère antisémite de la pièce n’était pas certain… Michel Goldberg, de son côté, n’intervient pas en censeur. Il entend alerter la communauté universitaire sur la gravité de cette dérive. L’antisémitisme s’est exprimé avec une telle évidence qu’on ne le voit même plus.

 °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° 

www.ldh-france.org
Tous les êtres humains naissent et demeurent libres et égaux en droits.

 

Le manifeste de l’Observatoire de la liberté de création

Un personnage de roman ou de film est fictif : il n’existe pas, autrement que dans l’oeuvre. S’il tient des propos racistes, ou s’il raconte sa vie de pédophile, ces propos n’ont ni le même sens ni la même portée que s’ils étaient tenus par un citoyen s’exprimant dans l’espace public.

D’une part, ils n’expriment pas nécessairement l’opinion de l’auteur, et il serait absurde de condamner pénalement des propos qui n’existent que sur le papier : cela reviendrait à assimiler l’auteur à son personnage, à le confondre avec son oeuvre. Or représenter, évoquer, n’est pas approuver.

D’autre part, le spectateur ou le lecteur peut mettre à distance ces propos.

L’oeuvre d’art, qu’elle travaille les mots, les sons ou les images, est toujours de l’ordre de la représentation. Elle impose donc par nature une distanciation qui permet de l’accueillir sans la confondre avec la réalité.

C’est pourquoi l’artiste est libre de déranger, de provoquer, voire de faire scandale. Et c’est pourquoi son oeuvre jouit d’un statut exceptionnel, et ne saurait, sur le plan juridique, faire l’objet du même traitement que le discours qui argumente, qu’il soit scientifique, politique ou journalistique...

Cela ne signifie pas que l’artiste n’est pas responsable. Il doit pouvoir rendre compte au public, mais toujours dans le cadre de la critique de ses oeuvres, et certainement pas devant la police ou les tribunaux.

Il est essentiel pour une démocratie de protéger la liberté de l’artiste contre l’arbitraire de tous les pouvoirs, publics ou privés. Une oeuvre est toujours susceptible d’interprétations diverses, et nul ne peut, au nom d’une seule, prétendre intervenir sur le contenu de l’oeuvre, en demander la modification, ou l’interdire.

L’histoire a toujours jugé avec sévérité ces censures et ces condamnations qui furent, au fil des temps, l’expression d’un arbitraire lié à une conception momentanée de l’ordre public, de l’ordre moral, voire de l’ordre esthétique.

Nous affirmons que le libre accès aux oeuvres est un droit fondamental à la fois pour l’artiste et pour le public. Il revient aux médiateurs que sont notamment les éditeurs, les directeurs de publication, les commissaires d’exposition, les producteurs, les diffuseurs, les critiques de prendre leurs responsabilités à la fois vis à vis des auteurs et vis-à-vis du public : l’information du public sur le contexte (historique, esthétique, politique), et sur l’impact du contenu de l’oeuvre, quand il pose problème, doit remplacer toute forme d’interdiction, ou toute forme de sanction à raison du contenu de l’oeuvre.

Et il est également essentiel de défendre la liberté de la création et de la diffusion contre les phénomènes d’entrave économique telles les menaces d’abus de position dominante, d’uniformisation des contenus et d’absence de visibilité des oeuvres que font peser les mouvements de concentration.

La Ligue des droits de l’Homme, avec des personnalités et des associations, a créé un observatoire de la liberté d’expression en matière de création pour débattre et intervenir sur ces questions.

Elle demande aux pouvoirs publics l’abrogation : de l’article 14 de la loi de 1881 , de l’article 14 de la loi de 1949 , et l’exclusion expresse des oeuvres du champ d’application des articles 24 de la loi de 1881 , et 227-23 et 227-24 du code pénal, toutes dispositions permettant aujourd’hui soit une mesure d’interdiction par le ministère de l’intérieur, soit une sanction pénale des oeuvres à raison de leur contenu.

Elle invite tous ceux qui défendent la liberté de créer, lecteurs, auditeurs, spectateurs aussi bien que les artistes, écrivains, cinéastes, musiciens, éditeurs, critiques, galeries, producteurs, institutions, syndicats, etc... à participer à cet observatoire.

Déclarent participer et adhérer à ce manifeste :

Chantal Ackerman, cinéaste ; Pierre Alferi, écrivain ; Philippe Arnould, réalisateur ; Ariane Ascaride, comédienne ; Lucien Attoun, critique dramatique ; Patricia Bardon, cinéaste, membre de la commission de classification des films ; Benjamin Barouh, éditeur ; Arnaud Baumann, photographe ; Guy Bedos, humoriste ; Jean-Jacques Beineix, cinéaste ; Hervé Bérard, cinéaste, membre de la commission de classification des films ; Sylvie Blocher, artiste plasticienne ; Marc Caro, cinéaste ; Julien Cendres, écrivain ; Ines Champey, critique d’art ; Jean-Paul Curnier, écrivain ; François Daune, architecte urbaniste ; Luc Decaster, cinéaste ; Régine Deforges, écrivain ; Olivier Ducastel, cinéaste ; Aude Du Pasquier Grall, artiste ; Pascale Ferran, cinéaste ; Yves Frémion, écrivain, conseiller régional ; Jean Ferrat, chanteur ; Gloria Friedman, artiste ; Philippe Garrel, cinéaste ; Fernand Garcia, producteur, membre de la commission de classification des films ; Jacob Gautel, artiste ; Olivier Grasser, responsable de l’art contemporain à la maison de la culture d’Amiens ; Robert Guédiguian, cinéaste ; Jacques Henric, écrivain ; Thomas Hirschhorn, artiste ; Michel Host, écrivain ; Paula Jacques, écrivain, éditeur ; Frédéric-Yves Jeannet, écrivain ; Francis Jeanson, écrivain ; Nicolas Jones-Gorlin, écrivain ; Bernard Joubert, journaliste ; Serge Koster, écrivain ; Jean-Marie Laclavetine, écrivain, éditeur ; Alain Lance, directeur de la Maison des Écrivains ; Caroline Lamarche, romancière ; Lysianne Léchot Hirt, responsable des activités culturelles de l’Université de Genève ; Bertrand Leclair, écrivain ; Philippe Mangeot, enseignant ; Eric Mangion, FRAC PACA ; Farouk Mardam-Bey, éditeur ; Jacques Martineau, cinéaste ; Claire Merleau-Ponty, scénographe ; Annette Messager, artiste ; Yves Michaud, professeur des universités ; Catherine Millet, écrivain ; Florence Montreynaud, écrivaine ; Gaël Morel, acteur, réalisateur, scénariste ; Edgar Morin, chercheur ; Maurice Nadeau, éditeur ; Yves Nilly, écrivain ; Dominique Noguez, écrivain ; Paul Otchakovsky-Laurens, éditeur ; Aline Pailler, journaliste ; Pierre Paulin, créateur ; Benoit Peeters, écrivain, scénariste ; Gilles Perrault, écrivain ; Jean-Hugues Piettre, centre de ressource du centre national des arts plastiques ; Olivier Poivre d’Arvor, écrivain, directeur de l’AFAA ; Nicolas Rey, écrivain, journaliste ; Anne Rochette, sculpteur, enseignante ; Willy Ronis, photographe ; Philippe Rouyer, critique de cinéma ; Marc Sanchez, directeur artistique du Palais de Tokyo ; Elias Sanbar, écrivain ; Jean-Louis Sarthou , écrivain ; Léon Schwartzenberg, médecin, professeur, écrivain ; Antoine Spire, écrivain ; Raphael Sorin, éditeur ; Lionel Soukaz, cinéaste ; Eric Tandy, critique musical ; Jean-Pierre Thorn, cinéaste.

Associations/Revues/Syndicats :

AACE ; Artconnexion, agence de production et de médiation en art contemporain ; Association des Bibliothèques de France (ABF) ; Association de Développement et de Recherche sur les Artothèques (ADRA) ; Association des Conservateurs et du Personnel Scientifique des Musées de la Ville de Paris ; Association des Conservateurs d’Art Contemporain (CAC 40) ; Association Internationale des Critiques d’Art (AICA), section française ; Association Française des Régisseurs d’Oeuvres d’Art (AFROA) ; Association Nationale des Conseillers aux Arts Plastiques (ANCAP) ; Association Nationale des Directeurs de Centres d’Art (DCA) ; Association Nationale des Directeurs d’Ecoles d’Art (ANDEA) ; Association Nationale des Directeurs de FRAC (ANDF) ; Association Nationale des Personnes en Charge des Relations des Publics à l’Art Contemporain (Un moment voulu) ; Association Places Publiques ; Bureau d’Art et de Recherche de Roubaix ; Cassandre (revue) ; Chambre Syndicale de l’Estampe, du Dessin et de Tableau (CSEDT) ; Collectif Culture ; Collectif GIGA ; Comité des Artistes Auteurs Plasticiens (CAAP) ; Comité Professionnel des Galeries d’Art (CGA) ; Congrès Interprofessionnel de l’Art Contemporain (CIPAC) ; Coordination Nationale des Enseignants des Écoles d’Art (CNEEA) ; Dédale ; Fédération Française des Conservateurs Restaurateurs (FFCR) ; Fédération des Réseaux et Associations d’Artistes Plasticiens (FRAAP) ; Immanence ; Jeune Création ; Lac et S ; Le Génie de la Bastille ; Le pays où le Ciel est toujours bleu ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; SEPA - Bon Accueil ; RDV – Murmures de Quartier ; Revue d’Etudes Palestiniennes ; Syndicat National des Artistes Plasticiens CGT (SNAP CGT) ; Vacarme (revue).

Signatures publiées en mars 2003 dans Les Inrockuptibles, la Quinzaine Littéraire et Politis.

Repost 0
Published by LDH LR - dans Libre expression
commenter cet article
26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 09:45

Cafes NEW

Le Congrès national de la LDH de Niort en Mai dernier a adopté une résolution sur ce thème qui servira de base à notre café: Résolution adoptée - Economie sociale et solidaire un enj Résolution adoptée - Economie sociale et solidaire un enj

Repost 0

  • : LDH La Rochelle-Aunis
  • LDH  La Rochelle-Aunis
  • : Ligue des droits de l'Homme et du Citoyen, Section La Rochelle-Aunis
  • Contact

Présentation

  • Ligue des droits de l'Homme et du Citoyen
  • Blog de la section de La Rochelle-Aunis de la Ligue des droits de l'homme.

Recherche D'articles

Bureau de la LDH LR-Aunis

Président: Jean Marie ARCIER (07 50 20 60 67)

Vice-Président (délégué régional) : Henri MOULINIER (06 77 82 78 87)

Secrétaire: Martine PHILIPPE 06 50 13 64 68

Trésorier (et culture) Claude BARBOSA 07 80 51 50 68

Jacques CATRIN (Collectif diversité) 06 78 79 71 46

Danièle CHABARDES GARONNE (droit des étrangers) (05 46 00 70 76)

Julia ROSSIGNEUX (relations avec l'Université): 06 64 29 51 55

                   °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Déléguée aux prisons: Denise PIAU ( 06 08 22 23 57)