Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 10:05

SO logo
Samedi 23 Janvier 2010

SUBVENTIONS. Des responsables associatifs s'alarment des prochaines réformes à venir

L'appel des associations
SO22012010 c
Ils étaient rassemblés, hier soir, pour les États généraux des associations en danger. Des responsables associatifs de Charente-Maritime se sont réunis pour faire émerger les problématiques vécues par leurs structures ces derniers mois. « Il y a quatre dossiers lourds, explique Patrick Buchet, de la Société laïque d'éducation populaire. La baisse des subventions, la mise en concurrence avec les acteurs privés, la réforme des collectivités territoriales et la directive service européenne. » Cette dernière est au coeur des angoisses des responsables.
Montrer ses inquiétudes

Elle oblige, en effet, les collectivités à ouvrir leurs appels d'offres et à mettre en concurrence associations et entreprises. Jean-Pierre Mandroux, adjoint au maire et conseiller général, propose, de son côté, de traduire cette directive dans le droit français afin de protéger les associations sociales et culturelles. « Elle a déjà été traduite dans vingt autres pays, mais l'assemblée française prend son temps », regrette-t-il.

Objectif, donc, de ces États généraux : montrer aux élus les inquiétudes du milieu associatif. « Dans un contexte de crise sociale, on ne peut pas se permettre d'agir moins, assure Patrick Bonneau, président de la Conférence permanente des coordinations associatives Poitou-Charentes. Il ne faut pas que la société s'arrête pour de simples problèmes comptables. Nous sommes, en quelque sorte, les amortisseurs de cette crise. »

Proposer des alternatives

Car tous redoutent de ne pouvoir bientôt se retourner que vers les municipalités pour obtenir des subventions. La réforme territoriale aurait pour conséquence de supprimer nombre de compétences aux conseils régionaux et généraux. Celui de Charente-Maritime a d'ailleurs baissé ses subventions de 20 % cette année. « Toutes ces réformes, on va les subir dans quelque temps. Il faut se préparer et proposer des alternatives pour pouvoir résister », continue Jean-François Le Fevre, président des Francas 17. Pour l'instant, le monde associatif se dit ne pas être prêt à affronter l'ensemble de ces réformes. « C'est un bouleversement très fort, il va falloir changer les choses », conclut Patrick Buchet.

Auteur : Carole Filiu
Repost 0
Published by LDH LR - dans Presse
commenter cet article
22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 11:10
Appel

A l’initiative de la LDH et de Daniel Karlin, documentariste, un appel a été lancé, signé par de nombreuses personnalités et publié dans Libération pour dénoncer les difficultés qu’ont certains citoyens à renouveler leurs papiers d’identité.
Vous pouvez signer directement en ligne cet appel sur ce site

Depuis plus de vingt ans, les différents gouvernements infligent un traitement discriminatoire aux Français nés à l’étranger, ou nés en France de parents étrangers ou devenus français par naturalisation.

À l’occasion du renouvellement de ses papiers d’identité, il est maintenant demandé systématiquement à chacun d’entre eux de faire la preuve de sa nationalité française. La situation continue de s’aggraver : d’une pratique qui se cantonnait à la carte d’identité, la délivrance du passeport fait désormais l’objet des mêmes attentions et on en arrive à l’ouverture d’un bureau spécialisé pour ces Français « différents ».

Au-delà de l’avalanche de preuves réclamées, de la difficulté de reconstituer des parcours que l’histoire de la France ou du monde a bouleversés et de la répétition stupide des mêmes demandes à chaque renouvellement, imagine-t-on ce que représente cette mise en cause directe de la personnalité de chacun et le réveil douloureux de souvenirs souvent dramatiques ?

Il y a quelque chose d’intolérable à faire ainsi de millions de Français d’origine les plus diverses des personnes suspectes a priori de fraude, puisque ce sont à elles de prouver leur nationalité et non à l’administration de démontrer une fraude ou une erreur. Cette attitude est d’autant plus vexatoire qu’en vertu de l’article 21-13 du Code Civil, la nationalité de ceux qui ont vécu en tant que Français depuis plus de dix ans ne peut plus être contestée.

Nous dénonçons une logique résultant d’une peur de l’Etranger, dont il importerait de se prémunir à toute force, y compris en suspectant des millions de Français. Et parce que nous refusons que ces situations se règlent par des passe-droits en faveur de ceux qui ont les moyens de protester contre de telles discriminations, nous exigeons que le gouvernement y mette un terme et rétablisse un traitement normal et égal pour tous de la délivrance des pièces d’identité.

Premiers signataires :

Michèle ANDRE, vice-présidente du Sénat ; Mouloud AOUNIT, président du Mrap ; Ariane ASCARIDE, comédienne ; Gérard ASCHIERI, syndicaliste ; Jean-Christophe ATTIAS, directeur d’études à l’EPHE-Sorbonne ; Edouard BAER, comédien ; Jeanne BALIBAR, comédienne ; Guy BEDOS, comédien ; Malika BENARAB ATTOU, députée européenne ; Esther BENBASSA, directrice d’études à l’EPHE-Sorbonne ; Jean-Luc BENNHAMIAS, député européen ; Mathieu BONDUELLE, secrétaire général du syndicat de la Magistrature ; Pascal BONIFACE, universitaire ; Jean-Louis BORIE, président du syndicat des avocats de France ; Nicole BORVO, sénatrice ; Zabou BREITMANN, comédienne ; Annick COUPE, syndicaliste ; Didier DAENINCKX, écrivain ; Jean-Michel DUCOMTE, président de la Ligue de l’Enseignement ; Jean-Pierre DUBOIS, président de la LDH ; Kamel JENDOUBI, président du Réseau euroméditerranéen des droits de l’Homme ; Marie-Pierre DE LA GONTRIE, secrétaire nationale du Parti socialiste à la justice et aux libertés publiques ; Robert GUEDIGUIAN, cinéaste ; Françoise HERITIER, professeure au Collège de France ; Jean-Claude KAUFMANN, directeur de recherche au CNRS ; Christophe HONORE, cinéaste ; Henri LECLERC, président d’honneur de la LDH ; Patrick LOZES, président du CRAN ; Daniel KARLIN, cinéaste ; Marie NDIAYE, écrivaine ; Vincent PEILLON, député européen ; Gilles PERRAULT, écrivain ; Lydie RAPPAPORT, directrice de recherche au CNRS ; Roland RAPPAPORT, avocat au barreau de Paris ; Jean-Marc ROIRANT, secrétaire général de la Ligue de l’Enseignement ; Benjamin STORA, professeur des Universités ; Michel TUBIANA, président d’honneur de la LDH ; Marie-Christine VERGIAT, députée européenne.

2511 signatures en date du 21 janvier 2010
Pour signer l'appel : http://www.ldh-france.org/Vous-etes-Francais-Prouvez-le

Repost 0
Published by LDH LR - dans Pétitions
commenter cet article
21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 13:25

Lettre ouverte du collectif pour un habitat social en pays royannais publiée par la section Pays royannais de la Ligue des droits de l'Homme sur son blog. ( http://ldhroyan.over-blog.com/article-logement-social-royan-lettre-ouverte-a-la-presidente-de-region-poitou-charentes-43350480.html )

LETTRE OUVERTE

Objet : Réhabilitation du Lycée Pierre et Marie Curie à Royan

 

Madame la Présidente,

Le Collectif pour un habitat social en pays royannais est particulièrement préoccupé par l’appel à manifestation d'intérêt pour l'achat des bâtiments de l’ancien lycée Pierre et Marie Curie à Royan en vue de la réalisation d'un ensemble de logements incluant plus de 20 % de logements sociaux.

A la lecture de ce document et des critères de sélection définis pour ce projet, nous sommes inquiets par ce qui semble préparer une capitulation des « politiques » devant les puissances économiques.

La ville de Royan étant en déficit de logements sociaux, nous saluons bien évidemment la volonté de faire construire sur ce site « un ensemble immobilier incluant un pourcentage de logements sociaux supérieur aux 20% obligatoires ». Cependant ce critère reste vague. On est très loin des propos publics tenus par Madame Régine Joly, Vice-présidente du Conseil régional, qui a avancé le chiffre de 84 logements sur 124 (ou du premier projet qui envisageait même 89 logements sociaux), ce qui dépasse les 65%. Lors de ses vœux aux royannais, le Député-maire de Royan Didier QUENTIN a évoqué le quota de 30% (Sud Ouest du 13/10/2010). Qui faut-il croire ?

Nous sommes consternés par le fait que le critère du pourcentage de logements sociaux est associé à celui du prix. N’y a-t-il pas là une réelle contradiction ? La situation privilégiée de ce site attirera certainement beaucoup de promoteurs avides. On peut craindre, comme cela est courant, que le nombre de logements « très sociaux » soit portion congrue, mettant à mal la nécessaire mixité sociale. Sans une claire volonté politique de votre part, il y a tout lieu de craindre que la proportion de logements sociaux se trouve réduite aux 20% légaux.

Si les pouvoirs publics ne sont pas prêts à consentir un effort exceptionnel pour palier aux déficits structurels de logements sur le territoire, qui acceptera de le faire ?

/…

/…

En revanche, l’exigence d’une approche environnementale innovante nous paraît plus encourageante. Ayant déjà travaillé avec grand intérêt sur le sujet de la « réhabitation » de sites existants, nous restons convaincus qu’une réhabilitation est la solution la plus adaptée, compte tenu de la solidité de la construction d’origine et de l’immense surface disponible. Une démolition serait un gaspillage énorme de deniers publics.

Au moment où la ville de Royan prépare sa candidature pour l’obtention du label de « Ville d’Art et d’Histoire », nous militons pour que ce projet soit exemplaire à tous points de vue. Ce site exceptionnel appelle un projet exceptionnel qui pourrait vraiment aider Royan à rattraper son retard en matière d’habitat social de qualité. L’occasion est donnée ici à l’ensemble des acteurs politiques et économiques de faire preuve de dynamisme et créativité au service des citoyens modestes, dans un vrai effort de développement durable et de solidarité.

Pour toutes ces raisons, nous vous engageons à la plus grande vigilance et exigence pour le choix du projet concernant ce site. Par ailleurs, en tant que citoyens engagés et au nom de la démocratie participative, nous sollicitons de votre bienveillance la possibilité d’associer notre collectif au jury qui examinera les dossiers de candidatures.

 

Comptant sur votre diligence, nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente, nos respectueuses salutations.

 

 

cc : Monsieur Benoist APPARU, secrétaire d'État en charge du Logement et de l'Urbanisme

Monsieur Henri MASSE, préfet de la Charente-Maritime

Monsieur Didier QUENTIN, député-maire de Royan

Monsieur Jean-Pierre TALLIEU, président de la communauté d'agglomération Royan Atlantique

Madame Danièle CROCHET, vice-présidente de la communauté d'agglomération Royan Atlantique, déléguée à l'Equilibre social de l'habitat

 

Le Collectif pour un habitat social en pays royannais,

créé en mars 2009, est constitué de particuliers et d'associations

(Amnesty International, ATTAC, Entraide Protestante, Ligue des Droits de l'Homme de Royan)

 

adresse postale : LDH - maison des associations de Royan – 61 bis rue Paul Doumer – 17200 Royan

courriel : collectifhabitatsocial@orange.fr

 

Repost 0
Published by LDH LR
commenter cet article
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 19:43

Djemila Benhabib1
Témoignage de l'identité française.


        Texte de Djemila Benhabib,


        lu devant les sénateurs palais du Luxembourg à Paris fin novembre 2009*


       MISSION PARLEMENTAIRE SUR LE VOILE INTEGRAL

         
        par Djemila Benhabib, auteure d'un ouvrage critique




         Mesdames les sénateurs, Mesdames les présidentes, Mesdames et messieurs les dignitaires,

Chers amis,


Merci mille fois de ce grand honneur que vous me faites, aujourd'hui, de me consacrer parmi les Femmes debout et de permettre à ma voix, celle d'une femme de culture musulmane féministe et laïque de résonner dans cette prestigieuse institution de la République. Merci à vous, mes amies Femmes solidaires et de la Ligue du droit international des femmes pour votre travail acharné, permanent et indispensable que ce soit dans les quartiers, auprès des femmes victimes de violences et discriminations, des sans papiers ou encore au sein des politiques et des instances onusiennes. C'est dire que c'est ici, localement que prend racine le travail pour les droits des femmes pour se répercuter à l'échelle internationale. C'est dire aussi que la Marche des femmes pour la liberté et l'égalité est une et indivisible. Lorsqu'une femme souffre dans un quelconque endroit de la planète, c'est notre affaire à toutes et à  tous. Merci de nous faire sentir de mille façons que nous sommes les maillons d'une même chaîne.


Voilà encore quelques années, je n'aurais jamais imaginé que ma vie de femme, que ma vie de militante serait si intimement liée au féminisme et à la laïcité.


Je vous surprendrai peut-être en vous avouant que je ne suis pas devenue féministe en tournant les pages du /Deuxième Sexe/, ni en me plongeant dans ce magnifique roman d'Aragon /Les Cloches de Bâle/, où il était question entre autres de Clara Zetkin et de Rosa Luxembourg, deux figures de proue du féminisme et de la paix dans le monde.

   

Je ne suis pas devenue laïque en m'abreuvant de Spinoza, de Ibn Al-Arabi, de Descartes, de Ibn Khaldoun, ou de Voltaire, mon maître. Absolument pas. J'aurais pu tourner mon regard ailleurs pour me perdre dans cette enfance si heureuse que j'ai eue dans une famille généreuse, cultivée, ouverte sur le monde et sur les autres, profondément engagée pour la démocratie et la justice sociale. J'aurais pu m'égarer dans la beauté de cette ville qu'est Oran où il faisait si bon vivre au bord de la mer. Cette ville qui a propulsé la carrière littéraire d'Albert Camus, avec son célèbre roman /La peste/, jusqu'au Nobel de littérature. J'aurais pu ne rien voir, ne rien entendre des brimades, du mépris, des humiliations et des violences qu'on déversait sur les femmes. J'ai choisi de voir et d'écouter d'abord avec mes yeux et mes oreilles d'enfant.. Plus tard, j'ai choisi de dire les aspirations de toutes ces femmes qui ont marqué ma vie pour que plus jamais, plus aucune femme dans le monde, n'ait honte d'être femme.

Pour vous dire vrai, à l'enfance et surtout à l'adolescence, je n'ai jamais rêvé de mariage, de prince charmant, de robe longue, de grande maison, d'enfants et de famille. Les quelques mariages auxquels j'avais assisté, en Algérie, me faisaient sentir que la femme était un objet bien plus qu'un sujet... Inutile de vous  préciser que ma perspective était ultra minoritaire, car les femmes sont formatées à devenir des épouses puis des mères dès l'enfance. Je devais avoir, quoi, cinq, six, peut-être sept ans tout au plus, lorsqu'on me somma de rejoindre ma grand-mère dans la cuisine, car ma place naturelle était à mi-distance entre les fourneaux et la buanderie, de façon à pouvoir faire éclater mes talents de cuisinière et de ménagère le moment venu.

 

En 1984, l'Algérie adopte un code de la famille inspiré de la charia islamique. J'ai 12 ans à cette époque.
Brièvement, ce code exige de l'épouse d'obéir à son mari et à ses beaux-parents, permet la répudiation, la polygamie, destitue la femme de son autorité parentale, permet à l'époux de corriger sa femme et en matière d'héritage comme de témoignage, l'inégalité est érigée en système puisque la voix de deux femmes équivaut à celle d'un homme tout comme les parts d'héritage.

 
Question : L'Algérie est-elle devenue musulmane en 1984 ?

Réponse : Je vous la donnerai pendant le débat tout à l'heure si vous le souhaitez.

 

Pour ce qui est de la laïcité, j'ai compris sa nécessité lorsque, au tout début des années 1990, le Front islamique du salut (FIS) a mis à genoux mon pays l'Algérie par le feu et par le sang en assassinant des milliers d'Algériens. Aujourd'hui, on est forcé de constater que les choses n'ont pas tellement changé.

 

Trop de femmes dans le monde se font encore humilier, brûler, fouetter et lapider. Au nom de quoi ? De la religion, de l'islam en l'occurrence et de son instrumentalisation.

Pour refuser un mariage arrangé, le port du voile islamique ou encore pour avoir demandé le divorce, porté un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi le seuil de la porte sans la permission du mâle, des femmes, tant de femmes subissent la barbarie dans leur chair. Je pense en particulier à nos sœurs iraniennes qui ont défilé dans les rues de Téhéran pour faire trembler l'un des pires dictateurs au monde : Ahmadinejad. Je pense à *Neda*, cette jeune Iranienne assassinée à l'âge de 26 ans. Nous avons tous vu cette image de Neda gisant sur le sol, le sang dégoulinant de sa bouche. Je pense à *Nojoud Ali*, cette petite Yéménite de 10 ans, qui a été mariée de force à un homme qui a trois fois son âge et qui s'est battue pour obtenir le droit de divorcer. et qui l'a obtenu. Je pense à*Loubna Al-Hussein* qui a fait trembler le gouvernement de Khartoum l'été dernier à cause de sa tenue vestimentaire..

  

La pire condition féminine dans le globe, c'est celle que vivent les femmes dans les pays musulmans. C'est un fait et nous devons le reconnaître. C'est cela notre première solidarité à l'égard de toutes celles qui défient les pires régimes tyranniques au monde. Qui  oserait dire le contraire ? Qui oserait prétendre l'inverse ? Les islamistes et leurs complices ? Certainement.. mais pas seulement.

 

*Il y a aussi ce courant de pensée relativiste qui prétend qu'au nom des cultures et des traditions nous devons accepter la régression, qui confine l'autre dans un statut de victime perpétuelle et nous culpabilise pour nos choix de société en nous traitant de racistes et d'islamophobes lorsque nous défendons l'égalité des sexes et la laïcité. C'est cette même gauche qui ouvre les bras à Tarik Ramadan pour se pavaner de ville, de plateau de TV en plateau de TV et cracher sur les valeurs de la République.*

 

Sachez qu'il n'y a rien dans ma culture qui me prédestine à être éclipsée sous un linceul, emblème ostentatoire de différence. Rien qui me prédétermine à accepter le triomphe de l'idiot, du sot et du lâche, surtout si on érige le médiocre en juge. Rien qui prépare mon sexe à être charcuté sans que ma chair en suffoque. Rien qui me prédestine à apprivoiser le fouet ou l'aiguillon. Rien qui me voue à répudier la beauté et le plaisir. Rien qui me prédispose à recevoir la froideur de la lame rouillée sur ma gorge.. Et si c'était le cas, je renierais sans remords ni regret le ventre de ma mère, la caresse de mon père et le soleil qui m'a vue grandir.                 

 

L'islamisme politique n'est pas l'expression d'une spécificité culturelle, comme on prétend ça et là. C'est une affaire politique, une menace qui  s'attaque au fondement même de la démocratie en faisant la promotion d'une idéologie violente, sexiste, misogyne, raciste et homophobe.

 

Nous avons vu de quelle façon les mouvements islamistes, avec la complicité, la lâcheté et le soutien de certains courants de gauche cautionnent la régression profonde qui s'est installée au cœur même de nos villes. Au Canada, nous avons tout de même failli avoir les tribunaux islamiques. En Grande-Bretagne c'est déjà la norme dans plusieurs communautés. D'un bout à l'autre de la planète, le port du voile islamique se répand et se banalise, il devient même une alternative acceptable aux yeux de certains car c'est tout de même mieux que la burga !

Que dire de la démission des démocraties occidentales  sur des enjeux primordiaux à la base du vivre-ensemble et de la citoyenneté tels que la défense de l'école publique, des services publics et de la neutralité de l'État  ?       

Que dire des reculs en matière d'accessibilité à l'avortement ici même en France ?

Tout ça pour dire qu'il est toujours possible de faire avancer les sociétés grâce à notre courage, notre détermination et à notre audace. Je ne vous dis pas que ce sont là des choix faciles. Loin de là. Les chemins de la liberté sont toujours des chemins escarpés. Ce sont les seuls chemins de l'émancipation humaine, je n'en connais pas d'autres.

 

Cette merveilleuse page d'histoire, de NOTRE histoire, nous enseigne que subir n'est pas se soumettre. Car par-delà les injustices et les humiliations, il y a aussi les résistances. Résister, c'est se donner le droit de choisir sa destinée. C'est cela pour moi le féminisme.. Une destinée non pas individuelle, mais collective pour la dignité de TOUTES les femmes. C'est ainsi que j'ai donné un sens à ma vie en liant mon destin de femme à tous ceux qui rêvent d'égalité et de laïcité comme fondement même de la démocratie. L'histoire regorge d'exemples de religions qui débordent de la sphère privée pour envahir la sphère publique et devenir la loi. Dans ce contexte, les femmes sont les premières perdantes. Pas seulement. La vie, dans ses multiples dimensions, devient soudainement sclérosée lorsque la loi de Dieu se mêle à la loi des hommes pour organiser les moindres faits et gestes de tous. Il n'y a  plus de place pour les avancées scientifiques, la littérature, le théâtre, la musique, la danse, la peinture, le cinéma, bref la vie tout simplement. Seuls la régression et les interdits se multiplient. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai une aversion profonde à l'égard des intégrismes quels qu'ils soient, car je suis une amoureuse de la vie.


Rappelez-vous une chose : lorsque la religion régit la vie de la cité, nous ne sommes plus dans l'espace du possible, nous ne sommes plus dans le référentiel des doutes, nous ne sommes plus dans le repère de la Raison et de la rationalité si chères aux Lumières. Séparer l'espace public de l'espace privé en réaffirmant la neutralité de l'État me semble indispensable, car seule la laïcité permet de se doter d'un espace commun, appelons-le un référentiel citoyen, loin de toutes croyances et de toutes les incroyances, pour prendre en main la destinée de la cité. Avant de conclure,  permettez-moi de partager avec vous une lettre destinée à l'un de vos élus.

 

J'ai longuement hésité avant de vous écrire. Peut-être, par peur d'être perçue comme celle venue d'ailleurs qui fait indélicatement irruption dans les « affaires françaises ». Au diable les convenances, je n'ai jamais été douée pour la bienséance surtout lorsqu'elle est au service des plus forts, des plus puissants et des plus arrogants. Puis, s'il avait fallu que je vive en fonction du regard des autres, je n'aurais rien fait de ma vie ou si peu.. Lorsqu'il s'agit des droits des femmes, nulle convenance ne doit primer sur l'essentiel.

L'essentiel étant : la liberté, l'égalité et l'émancipation des femmes. J'entends encore des copines  françaises me dirent avec insistance : parle-lui, dis-lui, écris-lui. Étrangement, leurs propos me rappellent le titre de ce magnifique film d'Almodovar /Parle avec elle/ où dès les premiers  instants, le rideau se lève furtivement, pendant quelques secondes, sur un spectacle de danse, mettant en scène le corps d'une femme, celui de Pina Bausch. Elle qui exprimait si bien dans ses chorégraphies crûment la violence exercée à l'encontre des femmes.


Monsieur Gérin, c'est à vous que je m'adresse, je voudrais vous parler, vous dire la peur que j'ai connu  le 25 mars 1994 alors que j'habitais à Oran, en Algérie et que le Groupe islamique armé (GIA) avait ordonné aux femmes de mon pays le port du voile islamique. Ce jour-là, j'ai marché la tête nue ainsi que des millions d'autres Algériennes. Nous avons défié la mort. Nous avons joué à cache-cache avec les sanguinaires du GIA et le souvenir de Katia Bengana, une jeune lycéenne âgée de 17 ans assassinée le 28 février 1994 à la sortie de son lycée planait sur nos têtes nues.. Il y a des événements fondateurs dans une vie et qui donnent une direction particulière au destin de tout un chacun. Celui-là, en est un pour moi. Depuis ce jour-là, j'ai une aversion  profonde pour tout ce qui est hidjab, voile, burqa, niqab, tchador, jilbab, khimar et compagnie. Or, aujourd'hui vous êtes à la tête d'une commission  parlementaire chargée de se pencher sur le port du voile intégral en France. 

 

 En mars dernier, je publiais au Québec, un livre intitulé /Ma vie à contre-Coran/ : une femme témoigne sur les islamistes. Dès les premières phrases, je donnais le ton de ce qu'est devenue ma vie en termes d'engagements politiques en écrivant ceci : « J'ai vécu les prémisses d'une dictature islamiste. C'était au début des années 1990. Je n'avais pas encore 18 ans. J'étais coupable d'être femme, féministe et laïque. » Je dois vous avouer que je ne suis pas féministe et laïque par vocation, je le suis par nécessité, par la force des choses, par ces souffrances qui imprègnent mon corps car je ne peux me résoudre à voir l'islamisme politique gagner du terrain ici même et partout dans le monde. Je suis devenue féministe et laïque à force de voir autour de moi des femmes souffrir en silence derrière des portes closes pour cacher leur sexe et leur douleur, pour étouffer leurs désirs et taire leurs rêves.

 

Il fut un temps où on s'interrogeait en France sur le port du voile islamique à l'école. Aujourd'hui, il est question de voile intégral. Au lieu d'élargir la portée de la loi de 2004 aux établissements universitaires, nous débattons sur la possibilité de laisser déambuler dans nos rues des cercueils. Est-ce normal ? Demain, peut-être c'est la polygamie qui sera à l'ordre du jour.

Ne riez pas. Cela s'est produit au Canada et il a fallu que les cours (de justice) s'en mêlent. Car après tout la culture à bon dos lorsqu'il s'agit d'opprimer les femmes. Ironie du sort, j'ai constaté dans plusieurs quartiers que les jupes se rallongent et disparaissent peu à peu. La palette des couleurs se réduit. Il est devenu banal de camoufler son corps derrière un voile et porter une jupe, un acte de résistance. C'est tout de même une banlieue française qui est le théâtre du film /La Journée de la jupe./ Alors que dans les rues de Téhéran et de Khartoum, les femmes se découvrent de plus en plus, au péril de leur vie, dans les territoires perdus de la République française, le voile est devenu la norme.


Que se passe-t-il ?

La France est-elle devenue malade ?

Le voile islamique est souvent présenté comme faisant partie de « l'identité collective musulmane ». Or, il n'en est rien. Il est l'emblème de l'intégrisme musulman partout dans le monde. S'il a une connotation particulière, elle est plutôt politique surtout avec l'avènement de la révolution islamique en Iran en 1979.

Que l'on ne s'y trompe pas, le voile islamique cache la peur des femmes, de leur corps, de leur liberté et de leur sexualité.

Pire encore, la perversion est poussée à son paroxysme en voilant des enfants de moins de cinq ans. Il y a quelques temps, j'essayais de me rappeler à quel moment précisément, en Algérie, j'ai vu apparaître ce voile dans les salles de classe. Pendant mon enfance et jusqu'à mon entrée au lycée, c'est-à-dire en 1987, le port du voile islamique était marginal autour de moi. À l'école primaire, personne ne portait le hidjab, ni parmi les enseignants, ni surtout parmi les élèves.

 

Voilà 12 ans que j'habite au Québec dont la devise inscrite sur les plaques d'immatriculation des voitures est « Je me souviens ». A propos de mémoire, de quoi la France devrait-elle se souvenir.?

Quelle est porteuse des Lumières. Que des millions de femmes se nourrissent des écrits de Simone de Beauvoir dont le nom est indissociable de celui de Djamila Boupacha. C'est peu dire. Il ne fait aucun doute pour moi que la France est un grand pays et ceci vous confère des responsabilités et des devoirs envers nous tous, les petits. C'est d'ailleurs pour cela qu'aujourd'hui, tous les regards sont tournés vers votre commission et que nous attendons de vous que vous fassiez preuve de courage et de responsabilité en interdisant le port de la burqa.
 

Pour notre part au Québec, on se souvient qu'en 1961, pour la première fois dans l'histoire, une femme, une avocate de surcroît, est élue à l'Assemblée législative lors d'une élection partielle. Son nom est Claire Kirkland et elle deviendra ministre. En invoquant un vieux règlement parlementaire qui exigeait des femmes le port du chapeau pour se présenter à l'Assemblée législative, on la force à se couvrir la tête pendant les sessions. Elle refuse. C'est le scandale.       

 

Un journal titre : « Une femme nu-tête à l'Assemblée législative ! » Elle résiste et obtient gain de cause. Il faut comprendre par là que nos droits sont des acquis fragiles à défendre avec acharnement et qu'ils sont le résultat de luttes collectives engagés par des millions de femmes et d'hommes épris de liberté et de justice. J'ose espérer, monsieur Gérin, que la commission que vous présidez tiendra compte de tous ces sacrifices et de toutes ces aspirations citoyennes à travers le monde et les siècles.


A vous chers amis, s'il y a une chose, une seule, que je souhaiterais que vous reteniez de ces quelques mots, c'est la suivante. Entre une certaine gauche démissionnaire, le racisme de l'extrême droite et le laisser-faire et la complicité des gouvernements nous avons la possibilité de changer les choses, plus encore nous avons la responsabilité historique de faire avancer les droits des femmes. Nous sommes, en quelque sorte, responsables de notre avenir et de celui de nos enfants. Car il prendra la direction que nous lui donnerons..

Nous, les citoyens. Nous, les peuples du monde.. Par nos gestes, par nos actions et par notre mobilisation. Toutes les énergies citoyennes sont nécessaires d'un pays à l'autre au-delà des frontières. L'avenir nous appartient. La femme est l'avenir de l'homme disait Aragon. S'agissant d'homme, je veux en saluer un présent aujourd'hui, c'est mon père à qui je dois tout.

Et je finirai par une citation de Simone de Beauvoir : «On a le droit de crier mais il faut que ce cri soit écouté, il faut que cela tienne debout, il faut que cela résonne chez les autres. »


        J'ose espérer que mon cri  aura un écho parmi vous..



                    *Djemila Benhabib*


Djemila Benhabib
Repost 0
20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 14:58

La section rochelaise de la Ligue des droits de l'Homme s'associe à cette initiative et vous engage à y participer en grand nombre:
 SolidariteHaiti+

Repost 0
Published by LDH LR - dans Actualité
commenter cet article
16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 23:57
Le capitaine Alfred DREYFUS
traversait La Rochelle.

Alfred Dreyfus est sorti de la prison de la Santé dans la nuit du 17 au 18 janvier 1895 et mis dans le train à la gare d'Orléans.
A midi 57, le train arrive à La Rochelle d'où Dreyfus doit être embarqué pour rejoindre le pénitencier de Saint-Martin de Ré.
Paschal Grousset narre la traversée de La Rochelle dans son livre "L'affaire Dreyfus et ses ressorts secrets : précis historique", édité en 1899 par A. Godet :
portrait      couv livre1
l01.jpg
l02l03l04.jpgl05.jpgl06.jpgph bagarre c


Trois jours plus tard, le 21 janvier à 3 heures du matin, il écrit à son épouse et dépeint en quelques phrases l'émotion ressentie en traversant la ville de La Rochelle
Lettresduninnocent 21janv1895 3hmat cadre
"Lettres d'un innocent" par Alfred Dreyfus.

Les extraits ci-dessus proviennent de "GALLICA" (http://gallica.bnf.fr/?lang=fr)

Repost 0
Published by LDH LR - dans Mémoire
commenter cet article
15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 15:23

«C'est la mise à mort des associations à la française ! » Henri Moulinier, ancien élu et ex-membre du Parti communiste, n'a rien perdu de sa combativité. Désormais président de la Ligue des droits de l'homme et vice-président du collectif des associations de Villeneuve-les-Salines, Henri Moulinier part aujourd'hui en croisade contre les menaces qui pèseraient, selon lui, sur les associations de tout poil.
  ...

« Le constat est venu à la suite d'un forum de la vie associative, organisé il y a quelques semaines. De nombreuses menaces pèsent sur l'avenir de la vie associative, comme la mise en cause ou la réduction

des subventions. Par ailleurs, les contrôles vont être de plus en plus tatillons, avec une mise en cause de l'autonomie des associations », explique Henri Moulinier.

SO 15jan10++
Sud-Ouest, le vendredi 15 janvier 2010

Repost 0
Published by LDH LR - dans Presse
commenter cet article
15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 13:52
Le débat organisé par la préfecture de Charente-Maritime à La Rochelle le 13 janvier sur l'identité national a été boycoté par la LDH La Rochelle comme cela a été fait sur le plan national.
La presse locale  a rendu compte des problèmes liés à cette soirée.
France 3 Atlantique, 13 et 14 janvier 2010 :

Le quotidien "Sud-Ouest" du 14 janviezr 2010 :
IDENTITÉ NATIONALE.
Le premier débat rochelais, qui s'est tenu mardi, ressemblait surtout à un cours  magistral.
Le poids de l'Histoire.
Les jeunes étaient absents

«Qu'est-ce qu'être Français aujourd'hui ? » Plus de deux heures de

palabres, au sous-sol de la caserne Chasseloup-Laubat, mardi soir,

n'auront pas suffi à répondre à cette question pernicieuse.

Le premier débat rochelais sur l'identité nationale n'a d'ailleurs pas

attiré les foules. Cinquante personnes, guère plus, exclusivement des

cheveux gris et blancs. Point de jeunes gens à l'horizon. Au vrai, il n'est

pas dit que les propos échangés les auraient captivés...

En fait, le débat ressembla davantage à un cours magistral. De

Charlemagne à Jeanne d'Arc, de la Guerre de Cent ans à la Seconde

Guerre mondiale, tous les chapitres du grand livre de l'Histoire de

France furent évoqués, avec force détails qui n'aidèrent cependant pas

à faire avancer le schmilblick.

Un débat discret

« Vous allez prendre la parole pendant deux heures ! », lança ainsi un membre de l'assistance aux intervenants invités à

témoigner par le préfet Henri Masse. Lequel, en passant, se vit reprocher d'avoir organisé ce débat avec discrétion. « On

l'a annoncé. On n'allait pas le claironner ! », se défendit-il.

Les intervenants, pour revenir à eux, étaient regroupés par tables. À chaque table son thème. Bernard Daniel, ancien

proviseur du lycée Dautet, Christian Barbe, président de la délégation régionale de la Défense de la langue française,

Patrick Duprat et Laurent Marien, inspecteurs de l'Éducation nationale, traitèrent du rôle de l'éducation et de la langue.

Celui de l'armée fut abordé par Max Cliquot de Mentque, président de la section rochelaise de l'Association des officiers de

réserve, Philippe Mounier, ancien commandant de la base de transit interarmées de La Rochelle, et Yves André, général

de gendarmerie en retraite.

Enfin, Christian Bourgne, président du Comité départemental olympique et sportif, et Karim Laouamen, directeur du

Novotel de La Rochelle, apportèrent un éclairage particulier sur la place du sport et du monde du travail dans l'identité

nationale.

Côté public, on pouvait remarquer la présence d'élus (Christian Grimpret, maire de Sainte-Soulle, Léon Gendre, maire de

La Flotte-en-Ré). Le premier participant à prendre la parole fut ainsi... Jean-Marc de Lacoste Lareymondie, chef de file du

Front national aux prochaines régionales. Ce dernier releva « une grave contradiction » entre l'organisation de ce débat

national et la suppression de l'histoire dans les sections scientifiques de terminale.

Prenant pour témoin leur arbre généalogique ou leurs faits d'armes, les uns et les autres donnèrent leur conception de

l'identité française. « La France est un pays exceptionnel, mais je dirais la même chose de l'Italie si j'étais Italien, ou de

l'Espagne si j'étais Espagnol », estima un ancien professeur.

Un représentant du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) se demanda « s'il est

opportun, en pleine crise financière, de se poser la question de l'identité nationale, de savoir qui sont les vrais Français ou

les faux ». « La France, telle que je la vois tous les jours dans la rue, n'est pas représentée ici », ajouta-t-il.

Un enseignant de confession musulmane remarqua : « Nous applaudissons quand l'équipe de France gagne ». L'évêque

de La Rochelle, Mgr Bernard Housset, souligna, en conclusion : « L'identité nationale n'est jamais figée, nous devenons de

plus en plus Européens.

Auteur : frédéric zabalza

Repost 0
Published by LDH LR - dans Presse
commenter cet article
13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 21:07
Les Associations organisatrices* des 16èmes Journées Nationales Prison prolongent ces journées d'octobre en ce mois de Janvier sur le thème:"La citoyenneté ne s'arrête pas aux portes des prisons":

° Mardi 19 janvier - 18h 30 - Auditorium de la Médiathèque Michel Crépeau: conférence sur "le droit péntentiaire et les droits fondamentaux" avec Me Jean-Marie Digout, Bâtonnier de LR, Nicolas Frize co-animateur du Groupe de travail "prisons" de la LDH et Yannick Lecuyer docteur en Droit à l'Université de La Rochelle

° Vendredi 22 janvier- 19h - même endroit - Ciné-débat autour d'un film "Citoyens de l'ombre" tourné à la Maison centrale - caserne de Saint Martin de Ré. Avec Fraz Pinaud chef de service insertion et de Probation, Christian Berna ancien détenu et Henri Gaume écrivain.

                              Un autre regard sur la prison et les hommes et femmes emprisonnés...

* GENEPI, ANVP,LDH,ACAT, Aumôneries Catholique et musulmanes de Saint Martin, Secours Catholique, Croix-Rouge
                                                      Contact: 05 46 34 19 88 ou 06 84 78 60 39
Repost 0
Published by LDH LR
commenter cet article
13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 08:52


Pétition nationale, co-signée par la LDH,
qui a reçu, à ce jour, plus de 20 000 signatures
Nous vous invitons à la signer

http://www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale.org/

  °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Nous exigeons la suppression du ministère
de l'Identité nationale et de l'Immigration

 

Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l'Immigration et de "l'Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d'enfermement identitaire et d'exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l'étranger – et par ricochet, quiconque a l'air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d'Afrique, et leurs descendants, sont séparés d'un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.


Qu'a fait naître ce ministère ?
De nouveaux objectifs d'expulsion d'étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l'enfermement d'enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l'expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d'asile, la multiplication des contrôles d'identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d'égalité...


Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des "dérapages" individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d'une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d'un "débat" sur l'identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.


La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : "Pourquoi la question de l'identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?" La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d'un pouvoir identitaire puisse planer, en s'autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.


C'est pourquoi il est temps aujourd'hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l'idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.

Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce "Ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration", car il met en danger la démocratie.


Les premiers signataires :


Les premières organisations signataires :


partis politiques : MoDem, NPA, PC, PG, PRG, PS, Verts
associations : Amoureux au ban public, ARDHIS, ATTAC, Avocats pour la défense des droits des étrangers, Association Cette France-là, CIMADE, COMEDE, CRAN, GISTI, La Bande Passante, LDH, MRAP, RESF, SOS Racisme, Sud Education, Union syndicale Solidaires
Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X), Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière), Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS) et Patrick Weil (historien, CNRS)
Repost 0
Published by LDH LR
commenter cet article

  • : LDH La Rochelle-Aunis
  • LDH  La Rochelle-Aunis
  • : Ligue des droits de l'Homme et du Citoyen, Section La Rochelle-Aunis
  • Contact

Présentation

  • Ligue des droits de l'Homme et du Citoyen
  • Blog de la section de La Rochelle-Aunis de la Ligue des droits de l'homme.

Recherche D'articles

Bureau de la LDH LR-Aunis

Président: Jean Marie ARCIER (07 50 20 60 67)

Vice-Président (délégué régional) : Henri MOULINIER (06 77 82 78 87)

Secrétaire: Martine PHILIPPE 06 50 13 64 68

Trésorier (et culture) Claude BARBOSA 07 80 51 50 68

Jacques CATRIN (Collectif diversité) 06 78 79 71 46

Danièle CHABARDES GARONNE (droit des étrangers) (05 46 00 70 76)

Julia ROSSIGNEUX (relations avec l'Université): 06 64 29 51 55

                   °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Déléguée aux prisons: Denise PIAU ( 06 08 22 23 57)